Une victime du massothérapeute se confie

« Je ne voulais pas que mon ex-massothérapeute fasse de la prison, mais je ne voulais pas qu’il puisse pratiquer à nouveau au sein d’un ordre professionnel. Et malgré la décision du juge, il se pourrait qu’il puisse pratiquer à nouveau. »

Isabelle (prénom fictif), l’une des deux victimes du massothérapeute aux mains longues, a communiqué avec Le Quotidien pour exprimer sa déception sur la sentence imposée à l’individu d’une quarantaine d’années.

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a accordé une absolution conditionnelle à l’exécution de 240 heures de travaux communautaires d’ici 12 mois au client de Me Julien Boulianne. Une absolution signifie qu’il n’aura pas de casier judiciaire.

« Avoir su que c’était pour se terminer ainsi, j’y serais allée pour la totale. J’aurais insisté pour témoigner et pas uniquement pour parler des conséquences de ses gestes au moment où il a plaidé coupable. J’ai l’impression d’avoir commencé ce dossier en force, mais de l’avoir fini sur les genoux », ajoute la victime du massothérapeute.

Il a été reconnu qu’Isabelle s’est fait masser les seins par son spécialiste. Il a aussi mis ses mains en croix sur sa région vaginale.

Avec l’expérience de vie qu’elle possède, elle est parvenue à bien s’en sortir, même si plus aucun de ses médecins n’est un homme. Elle avoue avoir d’ailleurs eu de la difficulté à se retrouver face à un médecin masculin dans les mois qui ont suivi l’agression.

« Avec un casier judiciaire, il aurait eu beaucoup plus de difficulté à continuer sa pratique de manière légale. Là, on lui a donné une petite tape sur les doigts. La justice dénonce les gestes qu’il a posés, mais ne l’empêche pas vraiment de recommencer. »

« Est-ce que quelqu’un s’est informé sur la façon de procéder des ordres dans de tels dossiers ? Si l’association des spécialistes de médecine douce est au courant des accusations, cela ne l’empêchera pas (l’accusé) de s’inscrire à un autre ordre de massothérapeute. Il en existe plusieurs autres. Les responsables de ces ordres vérifieront s’il a un dossier judiciaire et comme la réponse sera négative, ils pourront l’accepter à la condition qu’il paye sa cotisation », exprime Isabelle.

Celle-ci espère que l’individu prendra la décision de faire autre chose. Les gens qui reçoivent un massage doivent se sentir à l’aise afin de pouvoir se détendre.

« Ils doivent se sentir en sécurité et je ne crois pas que ça va être le cas avec lui. Un massothérapeute n’est pas censé se retrouver en érection devant une cliente. Il y a un code d’éthique et il doit faire preuve de détachement », conclut Isabelle.