Le directeur général de Port de Saguenay, Carl Laberge

Une vague d'opposition contre le projet QcRail

L’annonce du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, d’investir 7,4 M$ dans une étude de faisabilité pour prolonger le chemin de fer entre Dolbeau-Mistassini et Baie-Comeau est qualifiée d’« inconcevable » par le directeur général de Port de Saguenay, Carl Laberge.

Réuni avec son conseil d’administration, jeudi, pour discuter des affaires courantes, M. Laberge a appris, par les médias, la nouvelle de l’annonce faite par le député Richard Hébert. Ce dernier s’est dit heureux du financement accordé par le ministre Garneau.

Invité à réagir, M. Laberge affirme que depuis 40 ans, des efforts ont été déployés pour doter Port de Saguenay des équipements nécessaires au transport de multiples marchandises avec sa desserte ferroviaire, l’arrivée prochaine du gaz naturel et l’électricité, entre autres, le tout en relation avec les grands projets industriels. « Le conseil d’administration a été très étonné par l’annonce qui a été faite. Nous avons déjà un port en eau profonde relié à un chemin de fer capable d’accueillir des bateaux de grandes dimensions ayant accès à l’océan et dont on est capables d’augmenter la capacité à des coûts raisonnables », a-t-il déclaré en entrevue.

Dans la même lignée, il rappelle qu’au Sommet économique de 2015, un comité formé de 22 personnes a travaillé sur des orientations visant à développer Port de Saguenay et à prévoir son expansion dans le cadre d’une planification à long terme.

Selon lui, le projet de liaison ferroviaire entre Dolbeau et Baie-Comeau équivaudra à contourner le Saguenay–Lac-Saint-Jean et ses installations déjà orientées vers le développement du Nord québécois. « Nous sommes sur un axe nord-sud qui se rend directement vers notre port en eau profonde. On nous demande comme région de regarder passer le train », a-t-il déclaré.

Lors de l’annonce effectuée par le ministre Garneau, l’étude de faisabilité a été justifiée afin de permettre aux entreprises canadiennes d’avoir accès à un port en eau profonde vers les marchés outre-mer pour l’exportation de produits multiples. La première phase vise le transport de marchandises en vrac solides et liquides à raison de 800 wagons par jour afin d’alimenter le marché européen.

Le député libéral de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert, s’est réjoui de l’annonce en affirmant qu’elle créera 105 emplois directs et indirects pendant l’étude.

Richard Martel dénonce

Le député conservateur de Chicoutimi–Le Fjord, Richard Martel, partage l’opinion de Carl Laberge. Lui aussi s’oppose à l’investissement de 7,4 M$ dédié à l’étude de faisabilité. « On assiste présentement au grand contournement du Saguenay–Lac-Saint-Jean ! », s’est indigné Richard Martel, par voie de communiqué.