Les conseillères municipales Josée Desgagné et Annie-Claude Larouche ont proposé un projet visant à assurer la pérennité de l’épicerie du village.
Les conseillères municipales Josée Desgagné et Annie-Claude Larouche ont proposé un projet visant à assurer la pérennité de l’épicerie du village.

Une ultime chance pour l’épicerie de Saint-Augustin

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Le maintien des services essentiels représente un défi colossal pour les localités qui doivent freiner la dévitalisation de leur milieu. La municipalité de Saint-Augustin, au Lac-Saint-Jean, investit un peu plus de 20 000$ afin d’offrir une transformation à l’épicerie communautaire Notre Petit Marché.

L’offre de produits sera bonifiée et les heures d’ouverture seront prolongées afin de répondre aux demandes. Cette refonte du commerce, qui était tenu par une seule personne, permettra la création de six postes à temps partiel, lesquels seront occupés par des jeunes de la communauté de 339 habitants.

La municipalité a repris, il y a quelques années, l’unique épicerie du village, après que des particuliers aient abandonné l’aventure de l’entrepreneuriat.

Le conseil municipal, qui a injecté plusieurs dizaines de milliers de dollars depuis le début de l’aventure, faisait maintenant face à une décision, celle de cesser les activités de l’épicerie communautaire ou de les maintenir en revoyant l’offre.

Le projet du conseil municipal permet d’augmenter le nombre de produits offerts en plus de doubler les heures d’ouverture.

« C’est un service essentiel à la communauté. Il n’y a déjà pas tellement de choses. Il fallait le maintenir. En plus, il y avait une demande », indique la conseillère municipale Josée Desgagné, qui a piloté le projet de relance avec sa collègue, Annie-Claude Larouche.

Le duo ne ménage pas les efforts alors qu’elles s’y consacrent sans compter les heures, et ce, à titre bénévole. La nouvelle version de l’épicerie communautaire permettra d’offrir un service revu et amélioré. L’inventaire sera augmenté de plusieurs milliers de dollars, les heures d’ouverture seront doublées et une section de mets cuisinés permettra de répondre aux envies des résidants de la municipalité, où il n’y a pas de restaurant.

Les élus sont réalistes: le succès de cette version améliorée de Notre Petit Marché sera conséquent à la participation citoyenne.

« Il faudra que les gens répondent à l’offre. Il n’y avait que 10 % de la population qui l’utilisait. C’est compréhensible, mais il faudra un minimum. Il faudra se responsabiliser », indique le maire de Saint-Augustin-de-Dalmas, Philippe Lapointe.

« C’est un service pour tous, mais que tous paient. Ça appartient à la municipalité, pas à un privé. Il faut que les gens aient un sentiment d’appartenance », ajoute la conseillère municipale, Annie-Claude Larouche, qui précise que les prix seront, en grande partie, compétitifs.

Le maire Philippe Lapointe se donne une année avant d’évaluer la rentabilité et la popularité du commerce. Il compte d’ailleurs présenter un bilan aux citoyens le moment venu.

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LA MUNICIPALITÉ SE PAIE DES SERVICES

Le maire de Saint-Augustin, Philippe Lapointe, a fait le pari d’orchestrer quelques changements au moment de son élection, il y a un peu plus de quatre ans, ce qui aura été salvateur pour la communauté de 339 habitants, dont l’âge moyen est maintenant parmi les moins élevés de la MRC de Maria-Chapdelaine.

« Quand je suis arrivée, il y avait 17 maisons à vendre. On a baissé les taxes de 35 cents. On s’est donné des services, comme le guichet automatique, lorsque la caisse populaire a fermé, et la pompe à essence. Une vingtaine de maisons ont été vendues et il n’y en a que cinq à vendre aujourd’hui », témoigne M. Lapointe, qui souligne que la plupart des acquisitions résidentielles sont réalisées par de jeunes familles. 

Le conseil municipal de Saint-Augustin-de-Dalmas s’implique dans le maintien des différents services offerts à la communauté, dont le relais de motoneige l’Érablière du lac Ceinture, la maison des jeunes et le camp de jour. Des travaux sont actuellement menés à la patinoire afin d’offrir une infrastructure plus actuelle à la population.