Michel Potvin s’est dit «déçu» de l’attitude des conseillers le 18 décembre, même s’il faut maintenant «en revenir».
Michel Potvin s’est dit «déçu» de l’attitude des conseillers le 18 décembre, même s’il faut maintenant «en revenir».

Une trêve pour adopter le budget

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
La deuxième version du budget de Saguenay a été adoptée lors d’une séance extraordinaire du conseil municipal, tenue lundi, sur le coup de midi. La principale différence que l’on retrouve dans cette seconde mouture se trouve dans le taux de taxes municipales. Il a été augmenté à 2,3%.

Les élus de Saguenay ont cessé les hostilités, lundi midi, le temps d’une séance extraordinaire du conseil municipal qui se tenait à l’hôtel de ville. Ils ont adopté la deuxième mouture du budget 2020, identique à la première, à un détail près. Le taux de taxes municipales sera augmenté de 2,3 % l’an prochain, au lieu du 1,9 % prévu initialement. Douze des treize conseillers présents ont voté pour son adoption. Seul Marc Pettersen s’y est opposé.

Les onze conseillers indépendants, parmi lesquels Kevin Armstrong est le plus visible, ont aussi réussi à obtenir un gain. Deux résolutions émettant les grandes lignes de la gestion de la dette de Saguenay ont été déposées au conseil municipal « pour réflexion ultérieure ». Elles ont été soumises par Kevin Armstrong et Josée Néron.

La Ville ira chercher des revenus supplémentaires dans les poches des citoyens en taxant davantage l’eau potable. Elle demandera 10 $ de plus à ceux qui reçoivent l’eau de la municipalité. Les propriétaires de résidence, qui payaient 150 $ pour ce service, débourseront maintenant 160 $. Saguenay ira ainsi chercher 800 000 $ de revenus supplémentaires, sur un budget qui dépasse 359 M $.

Pour une maison de valeur moyenne (204 000 $), la variation totale du compte de taxes sera de 62 $ supplémentaires.

Le conseiller de Jonquière Kevin Armstrong croit qu’il ne faut plus choisir le taux de taxes en fonction des prochaines élections.

« Électoraliste »

Le conseiller municipal de Jonquière Kevin Armstrong a répété qu’il ne fallait plus choisir le taux de taxes à des fins « électoralistes », une façon de faire qu’il associe à l’administration de Jean Tremblay.

« Le 2,3 % de taxes, ça donne un budget équilibré, mais c’est une décision qui est davantage électoraliste qu’une décision qui résulte d’un plan de match financier. C’était la façon de faire avant. À tort ou à raison, on a perpétué cette façon de faire, parce que ce n’est pas payant politiquement de dire “Je vais augmenter les taxes”. »

Celui qui devra s’entendre avec Michel Potvin à l’intérieur de la Commission des finances dans les prochaines semaines croit qu’il faut passer à l’action, tout de suite. « À un moment donné, il faut agir. Et cette façon d’agir là, je crois que ça passe par une vision financière qui est à long terme. Il faut arrêter de réfléchir d’année en année et se doter d’une vision qui va un peu plus loin dans le temps ».

Le président de la Commission des finances, Michel Potvin, s’est défendu, de son côté, de présenter un budget pour plaire aux électeurs. L’augmentation du taux de taxes demeure basse, selon lui, parce que des coupes ont été faites dans la dernière année.

« On dit la même chose, mais pas tout à fait. Si j’étais resté au taux d’inflation sans rien faire, oui, ç’aurait été électoraliste. On a tout fait pour arriver à ça », a lancé le conseiller à propos de l’augmentation de taxes.

Michel Potvin dit malgré tout apprécier travailler avec M. Armstrong, même si ce qu’il amène à la table est parfois « questionnable ».

Pettersen opposé

Un seul conseiller s’est opposé à l’adoption du budget. Marc Pettersen a voté contre le document parce que, selon lui, Saguenay n’a pas assez sabré dans ses dépenses. « L’an dernier, on a demandé des [coupes] de 5,2 M $, et ça n’a pas été réalisé. C’est pour ça que je vote contre. Je veux qu’en 2020, on fasse des démarches pour [une gestion] plus serrée », a-t-il affirmé après le vote.

Les conseillers Martin Harvey et Marc Bouchard étaient absents.

Marc Pettersen est le seul conseiller à avoir voté contre l’adoption du budget.

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LES GRANDS PROJETS RETIRÉS DU PLAN TRIENNAL

Les élus de Saguenay mettent les grands projets de côté, du moins pour l’instant. La deuxième version du Plan triennal d’investissement (PTI), adoptée lundi, met sur la glace six projets majeurs d’infrastructure.

La construction du centre multisport, le projet de revitalisation de la zone ferroviaire et son amphithéâtre, le déménagement de la bibliothèque de La Baie dans l’église Saint-Édouard, la rénovation du pont de Sainte-Anne, le réaménagement de la place Nikitoutagan et la relance des projets prévus sur le terrain de la Consol sont mis sur pause.

« Ils ont été retirés pour pouvoir les étudier comme il faut, chacun avec les paramètres qu’on va mettre dans le futur. [...] Les gens se sont tous mis d’accord. Ces six items-là représentent environ 50 M $ de la Ville », a précisé Michel Potvin, ajoutant que les projets n’étaient pas « arrêtés, mais en évaluation ».

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a indiqué que les projets allaient être analysés d’un point de vue comptable, mais aussi social.

« Il n’y a pas juste l’argent dans une ville. On doit aussi être au rendez-vous par rapport aux besoins de ses citoyens », a insisté Mme Néron.

« On va jaser, on va se parler, et les dossiers vont être amenés les uns après les autres. [...] Ce n’est pas parce qu’on adopte le PTI tel qu’il est là que les projets sont mis de côté », a ajouté la mairesse.

En mêlée de presse, Mme Néron a dit que le conseil voulait s’inspirer de la manière dont la consultation sur la zone ferroviaire avait été faite. « S’il y a un projet où il y a des grilles, des grilles et des grilles qui ont été analysées, c’est lui. Ce que je comprends, c’est que l’on veut avoir cette approche-là pour l’ensemble des projets. »

La trésorière de Saguenay travaillerait sur la confection de cette grille d’analyse, laquelle prendrait en compte les coûts d’investissement, les coûts d’opération et ceux de disposition, après la durée de vie utile d’une infrastructure.

LES FAITS SAILLANTS

• Augmentation du taux de taxes de 2,3%

• Augmentation de la taxe sur l’eau potable de 10 $

• Variation sur le compte d’une maison moyenne de 62 $

• Six projets retirés du PTI

• Dépôt de deux résolutions sur la dette

• 12 votes pour, un vote contre

Les élus de Saguenay ont adopté une deuxième version du budget quasi identique à la première.