Alma veut augmenter le nombre de ses odonymes féminins dans les prochaines années.

Une toponymie plus paritaire à Alma

Alma veut plus de toponymes féminins dans ses rues. À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, les élus ont choisi d’honorer la mémoire de la peintre de Baie-Saint-Paul Yvonne Bolduc pour une nouvelle rue qui sera aménagée au cours des prochains mois. Et ce n’est qu’un début. Les noms féminins seront privilégiés dans l’adoption de nouveaux odonymes.

« Ce sera une tendance lourde dans les prochaines années, de voir les noms féminins pour nos nouvelles rues. C’est, en quelque sorte, une façon de rétablir l’équilibre dans notre toponymie », confirme le conseiller municipal Frédéric Tremblay.

En effet, à Alma, comme ailleurs au Québec, le paysage urbain est marqué par des noms d’homme, pour les rues, les édifices et divers lieux. Moins de 13 % des municipalités du Québec, soit 150 sur 1133, portent le nom d’une femme. Une statistique moins alarmante, qui s’explique par l’utilisation abondante de « Notre-Dame », en référence à la Vierge Marie. Seulement 36 municipalités portent le nom de femmes laïques.

C’est dans les noms de route, les odonymes, que les personnages féminins marquants sont moins présents. Selon les données de 2016 de la Commission de la toponymie du Québec, moins de 4 % des voies de circulation dans les dix plus grandes villes de la province, dont Saguenay, rendent hommage à des femmes.

« On le voit sur le territoire que c’est très marqué, la présence des hommes par rapport à celle des femmes. C’est pour cette raison qu’on souhaite augmenter le nombre de noms féminins. Ce n’est pas une directive du gouvernement ou de la Commission de la toponymie du Québec. C’est vraiment une volonté de la Ville », répond M. Tremblay, questionné sur l’origine de cette initiative.

Est-ce que les élus de Saguenay, avec à la tête, pour la première fois, une mairesse, vont emboîter le pas ? Aucune directive en ce sens n’a encore été émise, mais il n’est pas impossible que la Ville décide de privilégier les personnages féminins dans l’adoption de nouveaux odonymes, selon le cabinet de la mairesse.