Une solution à la pénurie de main-d'oeuvre: une première cohorte franco-québécoise

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale Jean Boulet était de passage mercredi au Cégep de Saint-Félicien afin de souligner la diplomation de la première cohorte franco-québécoise de 17 finissants ayant obtenu leur Attestation d’études collégiales en Instrumentation, automatisation et robotique (AEC IAR).

Le ministre Boulet a tenu à rappeler que le vieillissement de la population et le nombre de départs à la retraite augmentent le phénomène de la rareté de la main-d’œuvre et que tout le monde doit « travailler ensemble » afin de trouver les bonnes solutions.

La diplomation de ces 17 finissants découle directement d’un partenariat entre le Cégep de Saint-Félicien, de Formabois et de Produits forestiers Résolu (PFR). Le ministre se réjouissait que cette initiative ait porté fruit.

« Je suis particulièrement fier que ce partenariat ait permis de former des nouveaux diplômés qui contribueront à combler les besoins de main-d’œuvre dans un domaine d’études parmi les plus recherchés au Québec », a-t-il dit.

Montant de 821 975 $

La directrice générale du Cégep, Sylvie Prescott, a expliqué que pour obtenir cette AEC, les étudiants ont dû suivre une formation de 1755 heures au total, dont 60 % furent des heures pratiques.

Une telle formation de 15 mois a nécessité un investissement total de 821 975 $, dont 452 348 $ proviennent du Fonds de développement et de la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre (FDRCMO). L’autre portion, soit 369 627 $, est une contribution du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES).

Parmi les 17 finissants, on retrouve 12 Français. Encore là, la directrice a mentionné que c’est le partenariat des trois organismes qui a permis une telle réussite.

« Pour y arriver, une mission de recrutement conjointe a été organisée au printemps 2018 en France, permettant d’accueillir 12 étudiants français. La première cohorte a été ensuite complétée par cinq employés actifs de Produits forestiers Résolu. »

De son côté, le président et chef de la direction chez PFR, Yves Laflamme, se disait très satisfait de cette première cohorte, surtout que maintenant 11 des 17 participants ont trouvé un emploi dans l’une ou l’autre des usines de l’entreprise.

« Nous avons plus de 30 postes de techniciens électriques ou électrotechniques à combler d’ici 2023 afin de satisfaire nos besoins dans nos installations sur le territoire québécois. Ces types de techniciens sont rares et il y a une forte concurrence pour attirer les talents. »

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ILS ONT CHOISI DE RESTER ICI

La majorité des 17 finissants de la première cohorte ont décidé de demeurer dans la région, dont 11 d’entre eux travaillent maintenant chez Produits forestiers Résolu.

Parmi eux, trois ont bien voulu répondre aux questions du Quotidien. Il s’agit de Fabrice Laprise, Loïc Cloutier et Mathis Ruault.

Du son côté, Fabrice Laprise a vu dans ce programme une belle opportunité de concilier le travail avec les études.

« C’était super intéressant. J’ai 30 ans et c’est un retour aux études, car j’avais déjà étudié en électricité de construction. Je voulais travailler dans une plus grosse entreprise et me rapprocher de la maison. »

Pour sa part, Loïc Cloutier effectuait lui aussi un retour aux études, lui avait mis un terme à sa carrière dans les Forces Armées Canadiennes.

« Je voulais revenir en région et avec les qualifications militaires que j’avais, c’était plus difficile de trouver du travail. Cette AEC m’a permis de valider mes acquis et pousser un peu plus loin ma formation dans le domaine électrique. »

Français

Parmi les 17 étudiants, 12 étaient d’origine française. Mathis Ruault, 21 ans, avoue être tombé en amour pas seulement avec la région.

« Je suis dans la région depuis le 28 septembre 2018 et je trouve ça génial. La première chose que j’ai aimé ici ce sont les gens et leur mentalité. J’ai été vraiment surpris par la gentillesse des gens. La vie est simple ici. Je me suis fait une blonde aussi et je me suis fiancé pendant les Fêtes. En plus, j’ai commencé à travailler officiellement pour Résolu à Larouche pour un contrat de trois ans. »