Une saison de motoneige différente à prévoir

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
L’application des mesures sanitaires dans des zones de différentes couleurs compliquera quelque peu la vie des motoneigistes, cet hiver, puisqu’ils devront apprendre à bien planifier leurs déplacements en fonction des services de restauration, d’hébergement et d’approvisionnement en essence disponibles le long de leur parcours.

Gaston Fortin, un motoneigiste du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui agit comme administrateur au sein de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ), reconnaît que la prochaine saison sera différente des années passées pour les nombreux adeptes de ce loisir puisqu’il sera nécessaire de s’assurer que leur itinéraire est sécuritaire. « On va être capable d’avoir une belle saison, mais en ce qui a trait aux refuges, ce sera plus compliqué. Il reviendra à chaque motoneigiste de s’organiser et de s’informer de la disponibilité des services », explique M. Fortin.

Il rappelle que dans la région, aucun club n’opère lui-même de relais de motoneigistes, à l’exception du Club Lac-Saint-Jean avec le Mont-Apica. Les services disponibles relèvent de propriétaires privés offrant ou non des services de restauration qui doivent se conformer aux directives de la Santé publique. Les propriétaires du relais La Chapelle au lac Jalobert sur les Monts-Valin ont déjà annoncé qu’ils fermaient les portes tandis que d’autres ont choisi de poursuivre pour la vente d’essence, consommations diverses et de plats à emporter.

Il est recommandé de prévoir les arrêts et de confirmer que les établissements à visiter seront ouverts. Si certains commerces touristiques sont fermés, d’autres seront ouverts. Il faudra profiter de ces derniers et possiblement planifier des randonnées en boucle à partir de ceux-ci, par exemple. Il s’agit d’une solution pragmatique et d’un compromis parfait pour le motoneigiste touriste qui veut découvrir de nouveaux endroits sans être encombré dans les aléas des fermetures.

Projet-pilote

Par ailleurs, la FCMQ est à finaliser un protocole d’entente avec les clubs du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans le cadre d’un projet-pilote destiné à ajuster le financement accordé aux petits clubs ayant à entretenir des sentiers sur de grands territoires et pendant plusieurs semaines, comme c’est le cas à La Doré, dont les sentiers se rendent jusqu’à Chibougamau. La nouvelle formule de financement sera plus généreuse et permettra la réalisation de travaux d’infrastructure et l’acquisition de machinerie d’entretien des sentiers, explique M. Fortin.

« Cette nouvelle formule enlèvera de l’incertitude aux motoneigistes au chapitre de la qualité des sentiers. Souvent, les petits clubs négligeaient l’entretien des sentiers en fin de saison parce qu’ils n’avaient plus d’argent. Ça va être plus juste », explique-t-il. Ce changement s’inscrit dans le cadre d’un projet-pilote lancé l’an dernier dans lequel figurent déjà les clubs de la Mauricie et de la Gaspésie.

Mont-Apica

Au plan local, le président du Club Lac-Saint-Jean, Daniel Simard, a fait part de sa volonté ferme d’accueillir les touristes qui se rendront dans la région en empruntant le sentier provincial 23 en passant par le Relais du Mont-Apica. Le club analyse la possibilité d’installer sur place deux roulottes de 60 pieds qui serviraient de salle à manger pour les clients du relais. M. Simard estime que les relais de motoneige doivent être considérés comme un service essentiel, tout comme la vente d’essence dans ce secteur isolé de la Réserve faunique des Laurentides.

Contournement du lac Vert

La tragédie qui a coûté la vie à cinq touristes français et un guide québécois, l’hiver dernier, dans le secteur de la rivière Grande Décharge, a incité la direction du Club Lac-Saint-Jean à s’impliquer dans l’aménagement d’un nouveau sentier de contournement du lac Vert, à Hébertville, afin d’éviter le passage sur ce plan d’eau et ainsi assurer la sécurité des motoneigistes.

M. Simard a mentionné que la collaboration de sept propriétaires du secteur, de la municipalité d’Hébertville, Tourisme Alma, Desjardins, la ministre Andrée Laforest ainsi que son collègue Éric Girard, la FCMQ et la MRC de Lac-Saint-Jean Est a permis d’amasser les 120 000 $ nécessaires à l’aménagement de ce sentier terrestre.

« Dès le départ, on a adopté une résolution pour aménager ce sentier malgré le fait qu’on n’avait pas l’argent pour le faire. On ne voulait pas revivre un accident comme celui de l’an passé survenu dans la région » affirme M. Simard.

Au Saguenay, le président du Club Caribou-Conscrits, Joachim Simard, a mentionné que l’ensemble des sentiers sera en opération dès que le couvert de neige le permettra. Tout comme ses collègues, il mentionne que les motoneigistes devront s’adapter aux exigences découlant de la COVID-19. Il affirme toutefois que la décision des propriétaires de La chapelle de fermer leur établissement est prématurée puisque la situation pourrait encore évoluer vers une baisse des cas et un changement de couleur.

Comme d’autres dirigeants, M. Simard observe que les ventes de droits d’accès annuels sont en avance comparativement aux autres années. Mercredi, 280 droits ont été vendus sur un volume annuel de 3800.

Au club de motoneigistes du Fjord, le président Gérald Gagné s’attend à connaître une saison « exceptionnelle » après avoir doublé l’an dernier le nombre de membres. Cette performance s’explique par la collaboration d’un voyagiste américain qui organise des séjours au Bas-Saguenay auprès de motoneigistes américains et ontariens. « Cette année, il va faire venir ses clients par avion en faisant affaire avec un locateur de motoneiges de Québec. Il nous vend entre 30 000 $ et 40 000 $ de droits d’accès. Des Ontariens ont déjà acheté leur carte. Ça va être une saison exceptionnelle. Il faut être optimiste », prédit-il.