Une reprise bienvenue pour Tur-lu-tu-tu

Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
La reprise prochaine des cours dans les écoles de danse ne peut qu’être la bienvenue pour Kay Savard, propriétaire de la boutique Tur-lu-tu-tu, installée au Carrefour Racine de Chicoutimi.

L’ex-ballerine, diplômée de la Royal Academy of Dance de Londres, n’a pas eu le choix de fermer boutique à la mi-mars lorsque la direction de la Santé publique a imposé l’arrêt des cours. La vente de souliers de danse, de chaussons, de collants et de costumes pour la danse classique et le patinage artistique a cessé net le 14 mars, en boutique tout comme en ligne, explique Mme Savard.

Au plan personnel, la pause a été l’occasion pour elle de déménager à Saint-Félix-d’Otis où elle profite d’un décor de rêve paisible. Elle a décidé de rouvrir sa boutique le 26 août dernier à raison de quatre jours par semaine en attendant la reprise dans les écoles de danse.

Le post-confinement lui permet déjà de constater des changements dans les habitudes de sa clientèle. « La reprise est lente. La clientèle ne magasine plus de la même façon. C’est le cas pour les vêtements de danse qu’on utilise régulièrement. Par exemple, les parents qui pouvaient acheter quatre paires de collants pour leur enfant n’en achètent qu’une paire. Les gens ne prennent pas de chance. Ils ne veulent pas rester à la maison avec des vêtements tout neufs de crainte qu’il y ait une deuxième vague de confinement », explique-t-elle.

Le cas de Mme Savard rejoint les données récentes publiées par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) qui constate que la majorité des PME au Canada continuent de déclarer des ventes inférieures à la normale. Elles font face à des défis multiples comme une clientèle moins nombreuse (58 %), des consommateurs qui dépensent moins en moyenne (48 %) et des défis opérationnels conséquents comme ceux occasionnés par les ventes en ligne impossibles ou limitées.

Mme Savard est de retour dans la région depuis trois ans. Elle a fermé sa boutique à Rimouski pour se consacrer à sa succursale chicoutimienne où elle a pris la relève de feue Lucille Boivin. Outre les affaires, Mme Savard enseigne la danse classique depuis une quarantaine d’années.

Cette année, elle entend poursuivre son enseignement en tant que professeure autonome disponible pour l’ensemble des écoles régionales. Un autre virage qu’elle entend prendre pour ses activités d’affaires est de se concentrer dans la personnalisation de chaussons de pointe, une activité qu’elle pratique déjà avec le fournisseur Bloch. L’inspiration lui vient de la boutique Rossetti, installée depuis des dizaines d’années sur la rue Saint-Denis à Montréal. « Comme enseignante, je crée beaucoup de liens avec mes ballerines. Je les suis et si je vois des choses, je veux leur prodiguer des conseils. »

La pause obligée a incité la propriétaire de cette boutique spécialisée à faire appel à l’aide gouvernementale sous forme de prêt. « Lorsqu’il n’y a plus de revenus, le coussin financier fond. J’espère qu’en 2022, ça va reprendre » conclut-elle.