Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est plus d'un homme de 25 à 64 ans sur trois qui a un diplôme professionnel comme plus haute scolarité (34,4%).

Une région de diplômés professionnel

Tout juste derrière la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (29 %), le Saguenay-Lac-Saint-Jean se démarque avec une très forte proportion de travailleurs ayant un diplôme professionnel comme plus haute scolarité, avec 28,9 % de la population âgée de 25 à 64 ans.
C'est une des données frappantes contenues dans le Panorama des régions du Québec - Édition 2017 publié mardi par l'Institut de la statistique du Québec.
« On remarque que six régions affichent des proportions particulièrement élevées de leur population ayant atteint le niveau professionnel : la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (29 %), le Saguenay-Lac-Saint-Jean (28,9 %), l'Abitibi-Témiscamingue (26,1 %), la Côte-Nord et Nord-du-Québec (25,4 %), le Centre-du-Québec (25,1 %) et Chaudière-Appalaches (24,0 %). Cette situation contraste plutôt fortement avec ce qui est observé à Montréal (10,3 %). Ces fortes proportions reflètent sans doute le fait que l'économie de ces régions repose sur des secteurs d'activité nécessitant une main-d'oeuvre de niveau professionnel », indique le rapport gouvernemental, après avoir souligné que les diplômes professionnels incluent ceux obtenus aux niveaux secondaire et collégial. À titre comparatif, ce pourcentage s'établit à 17,3 % dans la région de Québec, ce qui équivaut à la moyenne provinciale.
La donnée est encore plus marquante lorsqu'on s'intéresse au sexe des personnes. Ainsi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est plus d'un homme de 25 à 64 ans sur trois qui a un diplôme professionnel comme plus haute scolarité (34,4 %), alors que ce sont 23,1 % des femmes qui sont dans la même situation. Pour ce qui est des diplômes universitaires, les femmes ont le dessus avec 20,5 % de bachelières et plus contre 15,2 % du côté masculin. Au Québec, la moyenne est de 30,9 %.
Dans la région, le taux de personnes sans aucun diplôme est de 15,2 %, contre 12,9 % dans la province.
Le rapport chiffre également le nombre de bacheliers originaires de chaque région. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le chiffre est stable depuis 2011 avec 1194 contre 1191 en 2015. De ce nombre, 751 sont des femmes contre 440 hommes, pour un pourcentage de 63,1 %. La moyenne provinciale s'établit à 62,2 %. Ceci revient à dire, grosso modo, que pour chaque homme qui complète un baccalauréat il y a deux femmes.
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 58,7 % des bacheliers sont issus des sciences sociales et humaines, 20 % des sciences pures et appliquées (la 3e plus haute proportion au Québec), 17,9 % des sciences de la santé.
Un poids relatif en chute
Bien que le Saguenay-Lac-Saint-Jean ait stoppé sa chute démographique depuis quelques années, le poids relatif de la région ne cesse de chuter au Québec passant de 3,8 % à 3,3 %.
En 2001, le Saguenay-Lac-Saint-Jean comptait 283 304 habitants. En 2011, ce nombre avait chuté à 277 249. Depuis, il y a eu une stabilité alors que la région comptait 277 232 personnes en 2016.
Toutefois, durant ces quinze ans, la population du Québec est passée de 7 396 415 à 8 326 089, soit près d'un million de plus (929 674). Des régions ont donc connu des hausses importantes.
Depuis 2001, la Montérégie a accueilli 223 000 citoyens de plus, Montréal 165 000 et les Laurentides 130 000. Ces trois régions, avec Laval, ont connu un taux d'accroissement annuel de plus de 10 % contre 0 % pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. De l'autre côté du spectre, la Côte-Nord et la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine ont perdu 7000 citoyens environ.
La région comptait 3,8 % de la population québécoise en 2001, contre 3,3 % en 2016, soit une baisse relative de 13,1 %. Avec cinq députés sur 125, le SLSJ a un poids représentatif de 4 % à l'Assemblée nationale.
Toujours du côté de la démographie, la région 02 compte parmi les cinq au Québec où il y a plus d'hommes que de femmes. En 2016, il y avait 139 537 hommes et 137 695 femmes. Chez les 20-64 ans, il y a même 5000 hommes de plus ! La situation est cependant inversée chez les 65 ans et plus.
Peu de familles à faible revenu
Avec un nombre d'emplois légèrement à la hausse dans la région depuis plusieurs années, le Saguenay-Lac-Saint-Jean se classe au troisième rang des meilleures régions avec un taux de 5,2 % des familles qui sont à faible revenu contre près de 15 % à Montréal.
« Les régions du Nord-du-Québec et de Montréal affichent de loin les taux les plus élevés, soit 15,1 % et 14,7 % respectivement. D'un autre côté, c'est dans les régions de la Chaudière-Appalaches (3,8 %), de la Capitale-Nationale (4,8 %), du Saguenay-Lac-Saint-Jean (5,2 %), du Bas-Saint-Laurent (5,3 %), de l'Abitibi-Témiscamingue (6,1 %) et dans les régions périphériques de Montréal, soit les Laurentides (6,5 %), Lanaudière (6,8 %) et la Montérégie (6,8 %) qu'on trouve, en pourcentage, le moins de familles à faible revenu », détaille le Panorama des régions du Québec - Édition 2017.
En 2014, les couples avaient un salaire moyen de 67 240 $, soit 1300 $ de moins que la moyenne provinciale.
Depuis 2006, le nombre d'emplois dans la région a haussé de 2,4 %, passant d'environ 123 700 à 126 700 en 2016. Cependant, une bonne part de la hausse a été enregistrée dans les emplois à temps partiel, augmentant de 25 000 à 27 100. 
La part d'emplois à temps partiel atteint donc 21,4 %, soit le 2e plus haut au Québec.
Fait à noter également, il y a 2600 hommes de moins qui travaillent qu'en 2006, tandis que 4600 femmes de plus ont gagné le marché du travail.
Quant au taux d'emploi, il est supérieur à seulement trois autres régions à 54,7 %.