Le directeur du CFP du Fjord, Gilbert Paiement, et le directeur adjoint, Robin Vachon, sont en discussions avec le ministère de l’Éducation en vue de la révision du programme de formation professionnelle en fonderie.

Une refonte du programme attendue

Les programmes de formation professionnelle en fonderie doivent prendre un virage important pour s’adapter aux nouvelles exigences du marché. Deux centres offrent cette formation au Québec : Trois-Rivières et La Baie. Au CFP du Fjord, où seulement quatre étudiants sont inscrits cette année, la direction mise sur la refonte pour attirer davantage de jeunes.

Le DEP en fonderie existe depuis une vingtaine d’années à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, mais le programme n’a jamais été revu depuis. Or, les entreprises qui embauchent les finissants ont des besoins précis qui ne sont pas tous couverts par le programme. Cela fait en sorte que les employeurs doivent souvent dispenser de la formation supplémentaire aux jeunes qu’ils embauchent. Cette situation ne nuit pas au recrutement, puisque la demande demeure très forte dans cette catégorie d’emplois. Toutefois, la direction du CFP du Fjord estime qu’il est impératif de réviser le contenu des modules et de le mettre au goût du jour. 

«On travaille à actualiser le programme pour répondre au marché. Je vous dirais qu’actuellement, il répond aux besoins de l’industrie à environ 10 pour cent et on voudrait que ce soit 100 pour cent. Le programme a besoin d’une mise à niveau pour qu’on puisse l’emmener ailleurs. On aimerait que l’actualisation soit rapide et qu’on puisse l’implanter dès l’an prochain», explique le directeur du centre, Gilbert Paiement. Des discussions ont cours à ce sujet, lesquelles impliquent des représentants du ministère de l’Éducation et le Centre de formation professionnelle Qualitech de Trois-Rivières. Le ministre Sébastien Proulx a été rencontré et tous s’entendent pour dire que le programme de fonderie a besoin d’un nouveau souffle. Il y a cinq ans, le CFP baieriverain comptait une quarantaine d’étudiants. L’an dernier, le Ministère a délivré sept diplômes à des étudiants en fonderie de la CS des Rives-du-Saguenay. 

Le déclin marqué des inscriptions ici en région s’inscrit dans une tendance. Aux quatre étudiants inscrits cette année s’ajoutent ceux de Trois-Rivières, qui sont au compte de neuf. C’est donc dire qu’en ce moment, ce domaine ne compte que 13 futurs diplômés dans l’ensemble de la province. Selon Gilbert Paiement, la baisse démographique y est aussi pour quelque chose.

«Le comité sectoriel de la main-d’oeuvre, qui représente la majorité des entreprises en métallurgie, nous a demandé d’adapter notre programme. Ils voudraient qu’on s’approche plus de leurs besoins. Il y a beaucoup de demandes et il manquerait environ 150 fondeurs dans l’ensemble du Québec. On pense qu’avec Métaux BlackRock seulement, il y aurait un besoin d’environ 100 travailleurs», poursuit Gilbert Paiement. Autre facteur justifiant la révision du programme : les jeunes sont souvent embauchés directement par les entreprises comme journaliers. Celles-ci leur dispensent la formation sur le plancher, ce qui les assure de pouvoir compter sur des employés qualifiés, dont les compétences sont adaptées à leur secteur d’activité. Les salariés peuvent ensuite gravir les échelons et accéder à d’autres postes. Cette façon de faire peut évidemment diminuer le pouvoir d’attraction du programme de fonderie et nuire à la rétention d’étudiants. 

Un premier projet pilote en fonderie

En attendant que le programme de fonderie soit revu et corrigé, le CFP du Fjord lance un projetpilote qui lui permettra de mousser la formation auprès de la clientèle, tout en développant des liens avec de futurs employeurs. 

« Habituellement, pour démarrer le programme, ça prend un groupe de 16 élèves. On le maintient en vie et on fait toutes sortes de choses pour le dynamiser », pointe le directeur adjoint, Rémi Vachon. En partenariat avec trois entreprises de la région, le centre lance un projet d’alternance travail-études. Dès lundi, les étudiants pourront faire quatre stages de 40 heures chez Fonderie Saguenay, Sotrem Maltech et PCP Canada. 

« Ils vont voir encore plus la réalité. D’une usine à l’autre, il y a différentes applications. Ça va aussi permettre aux entreprises de mieux connaître les jeunes. Pour nous, ça permet d’élargir l’éventail des entreprises qui vont vouloir travailler avec nous », poursuit Gilbert Paiement. Lui et son collègue directeur adjoint conviennent que le partenariat possède aussi les attributs d’une campagne de séduction, visant à démontrer à la future clientèle que les entreprises ont des besoins en fonderie et que le CFP du Fjord est un incontournable pour les combler. 

Mercredi, des représentants des trois entreprises partenaires ont visité le centre baieriverain et ont échangé avec le personnel. Pour Lysanne Hovington, de Fonderie Saguenay, il s’agit d’une entente gagnante.

« On est en expansion et on a de gros défis de main-d’oeuvre. Pour les jeunes, c’est un plus. Ça leur permet d’apprendre le métier directement dans le milieu de travail et c’est bénéfique pour eux. Ça leur donne aussi une vision plus réaliste de leur futur emploi. Pour nous, c’est une belle visibilité auprès des finissants et ça nous permet d’embaucher plus de stagiaires », a-t-elle fait valoir.