Denis Gagnon sera de passage à Panache pour une deuxième fois. Cette année, il présentera des items de sa nouvelle collection Denise composée de vêtements plus accessibles.

Une rare visite de Denis Gagnon à Panache

Denis Gagnon se déplace rarement en région. Pour une deuxième fois en six ans d’existence, Panache offrira à son public la chance de découvrir ses créations ici même au hangar de la Zone portuaire de Chicoutimi. Cette fois, en plus de présenter un défilé, le designer ouvrira une boutique éphémère où les amoureux de la mode pourront se procurer des pièces de sa collection de vêtements abordables. Une occasion à saisir, puisqu’elle pourrait être unique.

Avant de participer à Panache à titre de porte-parole en 2014, Denis Gagnon n’avait jamais présenté ses créations dans sa région natale. Cette année, il a accepté de récidiver.

« Les années suivant mon premier passage, on m’a demandé de revenir, mais je ne trouvais pas ça pertinent. Je pense qu’on doit se laisser désirer. Cette fois, c’est l’occasion de revenir dans la région, c’est une des grandes raisons pour lesquelles j’ai accepté. »

Pour le designer, il s’agit d’une première visite au Saguenay–Lac-Saint-Jean depuis un an, moment où sa mère qu’il visitait quelques fois par année est décédée.

« Je vais faire une pierre deux coups. Je vais voir la famille et présenter mes créations. Je ne le fais pas pour l’argent, j’aurais fait plus d’argent en restant ici. Je le fais parce que j’ai envie de le faire, parce que j’ai été invité et que c’est flatteur, parce que c’est ma région. En plus, c’est dans un endroit magnifique. J’aime la région et je pense aussi qu’il y a un marché potentiel pour moi là-bas. »

Denise

Porter du Denis Gagnon pour une somme variant entre 55 $ et 220 $ ? C’est maintenant possible. Dans une volonté de s’adapter au marché, le designer a créé Denise, une collection de vêtements abordables qui devrait plaire aux amateurs de mode de la région et à leur portefeuille.

« Les vêtements Denis Gagnon coûtent de 200 $ à 3000 $. C’est vrai que c’est cher, mais ce sont des produits de créateur. La main-d’oeuvre aussi est chère, tout comme les locaux et la matière première. Avec Denise, j’ai voulu trouver une façon que ça devienne accessible au niveau des prix et de la morphologie. Ça marche bien à Montréal, je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas au Saguenay-Lac-Saint-Jean, affirme-t-il. J’arrive avec des produits accessibles et uniques. Ce sera peut-être juste une fois. C’est le temps d’en profiter. »

Le designer montera une boutique éphémère qui permettra aux spectateurs de Panache d’essayer les vêtements. Une vingtaine de pièces différentes seront en vente. « Tout est fait au Québec. Je fais la promotion de l’achat local, mais il faut proposer des produits avec un bon rapport qualité-prix », insiste-t-il.

Certaines pièces de la collection pourraient être présentées en défilé. En fait, à quelques jours de l’événement, mis à part le fait que des pièces des dernières collections y seront présentées, Denis Gagnon ignore encore quelle forme prendra son défilé.

« Je vais y aller avec l’espace, le moment, le lieu. Je n’ai pas encore rencontré les personnes qui se sont proposées comme mannequins. Je vais jouer avec ça, avec leur morphologie, leur personnalité. Il faut trouver une façon de mettre toutes les filles en valeur. Il faut décider de la musique, de l’esprit, de ce qu’on veut que les filles disent avec les vêtements. Je ne veux pas que ce soit sexy. Je ne suis pas quelqu’un qui fait des choses sexy, je suis plus classique. »

Denis Gagnon ne se contente pas de voir défiler ses vêtements.

« Il faut que ce soit beau, qu’il y ait une cohérence, qu’on raconte une petite histoire. Ce n’est pas la quantité qui est importante, mais la qualité. On n’est pas obligé de présenter 50 silhouettes. »

Travail

Denis Gagnon a l’habitude de trimer dur pour obtenir les résultats escomptés. Celui qui oeuvre dans le milieu depuis 30 ans et qui possède sa propre ligne depuis 20 ans estime que les temps sont difficiles pour les créateurs.

« C’est de plus en plus difficile ce domaine-là parce qu’il y a beaucoup de joueurs. Tu peux être hot à 10 h et has been à 11 h. Il faut toujours faire parler de soi sinon, on nous oublie vite. Il faut alimenter les médias sociaux. Tous les gens qui ont pignon sur rue trouvent ça difficile. Même les gros joueurs ferment des boutiques parce qu’ils vendent plus en ligne qu’en magasin. »

C’est la passion qui nourrit le créateur.

« Tant que j’aurai la santé et que je serai capable de me battre, ça va aller. Mais je ne pourrai pas toujours travailler 50 heures par semaine 50 semaines par année. J’ai la passion. C’est ma réalité. Je vis avec et la plus belle chose qu’il me reste, c’est de jouer à la poupée. »

Denis Gagnon a accepté l’invitation de Panache pour une deuxième fois. Il s’agit de la seconde fois seulement qu’il présente ses créations dans sa région natale.