L'instauration d'un service douanier complet à l'aérogare de Bagotville par l'Agence des services frontaliers du Canada continue d'être une priorité pour le maire de Saguenay, Jean Tremblay, appuyé dans cet objectif par plusieurs autres intervenants politiques de la région.

Une priorité pour Saguenay

L'instauration d'un service douanier complet à l'aérogare de Bagotville par l'Agence des services frontaliers du Canada continue d'être une priorité pour le maire de Saguenay, Jean Tremblay, appuyé dans cet objectif par plusieurs autres intervenants politiques de la région.
En dépit du refus du ministre fédéral Denis Lebel d'aller de l'avant avec cette réclamation sous prétexte que les citoyens voyageant vers les destinations soleil contribuent à la sortie de capitaux vers l'extérieur du pays, le maire Tremblay a choisi une autre voie pour atteindre l'objectif.
« C'est une priorité. Il est évident qu'il faut un jour en arriver là. On connaît les objections du fédéral et le départ des gens d'ici vers le Sud n'est pas un argument qui nous aide. Il en coûte au moins 10 000 $ de plus par vol pour passer par l'aéroport de Québec. Un arrêt à Québec, c'est lourd, mais on a décidé de ne pas aller à contre-courant et de ne pas prendre de front le ministre. Ça ne sert à rien de s'obstiner même si, pour les gens qui vont dans le Sud, c'est important. On va insister sur autre chose. »
M. Tremblay ajoute que Promotion Saguenay monte actuellement un dossier afin de faire de Saguenay et de la région une grande destination où les touristes d'Europe ou des États-Unis pourraient se poser directement à Bagotville sans avoir à effectuer le trajet terrestre à partir de Québec ou Montréal, une distance considérable d'un point de vue européen.
En fait, la stratégie que devrait adopter la région, selon lui, est de façonner l'image de la région à l'extérieur en fonction des attraits uniques qu'elle peut offrir comme des sentiers de motoneige de calibre international sur les monts Valin, les bateaux de croisières de La Baie qui pourraient être accessibles directement par Saguenay. Il cite en exemple le propriétaire de la pourvoirie du Cap-au-Leste à Sainte-Rose-du-Nord, Henri-Jean Videcoq, qui, discrètement, réussit à attirer une clientèle de touristes européens en misant sur le tourisme nature et les destinations nordiques. « J'ai rencontré M. Videcoq. Il demeure à Dubaï et il nous a fait comprendre que l'on a un territoire extraordinaire à offrir », affirme M. Tremblay.
Le maire de Sainte-Rose-du-Nord, Laurent Thibault, est encore plus convaincu de la nécessité d'instaurer un tel service d'autant plus que l'agence possède déjà des bureaux ayant pignon sur rue à Chicoutimi. « Au Canada, la destination nordique, ce n'est pas Montréal. C'est au Saguenay-Lac-Saint-Jean qu'on offre de nombreuses activités en tourisme d'aventure. Le site de Cap-au-Leste reçoit une clientèle à 80 % provenant d'Europe. J'ai discuté avec ces touristes et l'un des irritants importants pour leur retour dans la région est le fameux transport entre Montréal et la région. Il est encombrant de dédouaner à Montréal ou Québec et je sais que le propriétaire est prêt à tout pour faire hausser l'achalandage direct vers la région. »
M. Thibault ajoute qu'il ne faut pas se surprendre si le Canada a subi un recul important au plan touristique international, un phénomène qui s'explique tout simplement par les défaillances en terme d'accueil au niveau de la qualité de l'hébergement, mais aussi par l'absence de services adaptés aux caractères particuliers des régions comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean.