La toute première maison d’hébergement pour hommes en difficulté ouvrira au centre-ville d’Alma, avant le 1er septembre. Le Centre de ressources pour hommes Optimum vient d’acquérir une résidence qui pourra loger trois pères et leurs enfants.
La toute première maison d’hébergement pour hommes en difficulté ouvrira au centre-ville d’Alma, avant le 1er septembre. Le Centre de ressources pour hommes Optimum vient d’acquérir une résidence qui pourra loger trois pères et leurs enfants.

Une première maison d'hébergement pour hommes en difficulté à Alma

Après des années d’attente, la première maison d’hébergement pour hommes verra le jour au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

La nouvelle Maison Oxygène, pilotée par le Centre de ressources pour hommes Optimum, anciennement Le Cran, ouvrira ses portes au centre-ville d’Alma, d’ici le 1er septembre.

« Ça fait trois ans qu’on y travaille. Il y a eu plusieurs retards, mais on sera ouvert dans quelques semaines », confirme le directeur général du Centre de ressources pour hommes, Sébastien Ouellet.

L’organisation, la seule porte d’entrée dédiée aux hommes en détresse, offrira de l’hébergement et de l’accompagnement aux pères vivant des difficultés conjugales, personnelles ou familiales, qu’ils aient la garde exclusive ou partagée des enfants. La première résidence, située aux côtés de l’église Saint-Joseph, pourra accueillir trois familles. Un autre appartement sera réservé pour un homme seul.

« Il y avait une urgence pour ce type d’hébergement. Si on regarde dans la région, il n’existe aucun hébergement pour hommes avec enfants. Et quand les hommes vivent des situations difficiles, le lien parental, c’est ce qui prend le bord rapidement. Ils s’en vont se réfugier dans leur caverne et ils se sentent indignes. Le cycle d’autodestruction commence. La maison sert donc à protéger le lien parental. Parce que c’est aussi bon pour le père et pour l’enfant », explique M. Ouellet.

Sébastien Ouellet, directeur général du Centre de ressources pour hommes Optimum

« On est dans une logique coparentalité. On sera là pour leur donner du support et leur permettre de jouer leur rôle de père. Les besoins sont là depuis longtemps. On vient de refuser deux familles, d’ailleurs, parce que notre maison n’était pas encore ouverte. Il y a urgence. Si on ne le fait pas, qui va le faire ? »

Faillite, séparation soudaine, problème de gestion des émotions ; les hommes qui vivent différents problèmes pourront demeurer dans cet hébergement de transition, dont la moyenne des séjours sera d’environ deux mois, estime la direction.

« Un père qui est complètement problématique, on ne l’installera pas à cet endroit. Mais on ne rencontre pas seulement des hommes violents. C’est une image qui persiste dans l’aide aux hommes. Il existe un spectre de violence et il n’y a pas une seule définition. On prend les pires cas pour représenter les cas de violence, mais c’est plus large que ça. Jacques, qui a un problème d’impulsivité, de gestion de masculinité traditionnelle, ce n’est pas un terroriste conjugal. Il va frapper dans le mur ; il a un comportement inadapté. Mais il ne se reconnaîtra pas dans les ressources pour hommes si on continue de prendre les pires cas de violence conjugale pour la représenter », constate Sébastien Ouellet.

D’autres résidences à venir dans la région

Les maisons d’hébergement pour hommes se sont développées que tout récemment au Québec. Le réseau Oxygène en compte une dizaine au Québec. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Alma sera la première ville à en accueillir une, mais le Centre de ressources pour hommes compte en aménager à Dolbeau-Mistassini, Saint-Félicien, Roberval et Saguenay dans les prochaines années.

« Au même titre que pour les femmes ou la communauté LGBT, c’est important d’avoir des ressources pour les hommes. On a tous besoin d’avoir un sentiment d’identification. Déjà que les hommes ont de la difficulté à demander de l’aide. C’est d’ailleurs pour cette raison que les services pour hommes ont pris du temps à se développer. Le milieu communautaire se développe avec les besoins de la base. Mais les hommes sont moins enclins à demander de l’aide que les femmes. Donc, rien ne s’est développé pour eux. Ils demandent souvent de l’aide lorsqu’il est trop tard », rappelle M. Ouellet, ajoutant que la prévention doit s’accentuer auprès de cette clientèle pour éviter des tragédies qui font trop souvent les manchettes.

Appel à la solidarité

Pour financer de telles maisons d’hébergement, la population et le milieu des affaires seront appelés à contribuer au cours des prochains mois. La deuxième maison devrait ouvrir en 2021, à Dolbeau-Mistassini.

« On prévoit en ouvrir une par année, dans les municipalités où nous sommes déjà implantés. Parce que pour un père à Dolbeau-Mistassini, Alma c’est trop loin. L’enfant doit aller à l’école. À Saguenay, toutefois, ce sera plus long. Car nous n’avons pas d’équipe sur ce territoire. On sera en mesure de le faire lorsque davantage de fonds seront déployés par le gouvernement », précise M. Ouellet.