Lucien Boivin, préfet de la MRC Domaine-du-Roy et maire de Saint-Prime, et Cindy Plourde, mairesse de Saint-François-de-Sales, espèrent que toute la MRC emboîtera le pas pour devenir la première MRC bleue.

Une première Communauté bleue au Saguenay–Lac-Saint-Jean

Depuis son lancement en novembre dernier, la certification Communauté bleue, qui vise la promotion de l’eau publique, connaît un engouement important. Alors que la municipalité de Saint-François-de-Sales a été la 11e communauté au Québec à recevoir cette certification, mardi, Saint-Fulgence fera de même aujourd’hui. Et c’est toute la MRC Domaine-du-Roy qui pourrait en faire autant prochainement en bannissant les bouteilles d’eau dans le domaine municipal.

Lors de la conférence de presse organisée pour souligner l’octroi de la certification Communauté bleue à la municipalité de Saint-François-de-Sales, les hôtes ont préparé du café, des galettes, des oranges et des raisins. Et au lieu de proposer des bouteilles d’eau, on retrouve une carafe et des verres.

Un geste simple qui soutient la vision de la municipalité qui a décidé, il y a quelques semaines, de bannir les bouteilles d’eau dans les édifices publics et lors des événements municipaux. « Pour nous, ça veut dire qu’on ne vendra plus de bouteilles d’eau au bar intégré à la salle communautaire ni au camping municipal », explique la mairesse Cindy Plourde. Pour offrir des alternatives, la Ville installera trois fontaines d’eau sur son territoire.

Des bouteilles d’eau réutilisables ont été distribuées aux citoyens pour éliminer les bouteilles en plastique.

C’est grâce à cette décision que Saint-François-de-Sales a pu se mériter la certification Communauté bleue. « Pour obtenir la certification, les municipalités doivent prendre trois engagements, soit de reconnaître le droit humain à l’eau, de faire la promotion de la gestion publique de l’eau et de bannir la vente de bouteilles d’eau dans les édifices publics et dans les activités municipales », explique Alice-Anne Simard, directrice générale d’Eau Secours, l’organisme qui chapeaute la certification.

Selon cette dernière, bannir les bouteilles d’eau dans les édifices municipaux devrait être un automatisme pour les villes, car elles investissent massivement pour la production d’une eau potable de qualité. « Les villes mettent tellement d’argent et de ressources pour produire de l’eau potable de qualité, alors ça ne fait aucun sens de dépenser encore plus d’argent pour acheter des bouteilles d’eau, dit-elle. D’autant plus que c’est la ville qui devra aussi payer pour se débarrasser des bouteilles. »

L’engouement pour ce genre de message est de plus en plus écouté par les municipalités québécoises. Alors qu’Eau Secours, qui a lancé la certification Communauté bleue en novembre dernier, comptait certifier une dizaine de municipalités d’ici l’été, elle comptera 12 villes certifiées, avec l’annonce à Saint-Fulgence qui sera faite mercredi. Et à voir l’intérêt aux quatre coins du Québec, ce nombre pourrait exploser au cours des prochains mois.

Et ça ne fait que commencer, car la MRC du Domaine-du-Roy pourrait très bien devenir la première MRC certifiée au Québec, souhaite Cindy Plourde. Ce désir est accueilli d’une oreille attentive par Lucien Boivin, le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy. « Saint-François-de-Sales est un modèle pour toute la région », soutient l’homme qui espère mobiliser la MRC en ce sens. Pour poser un premier geste, le conseil de ville de Saint-Prime, dirigé par Lucien Boivin, a décidé d’éliminer les bouteilles d’eau dans les espaces municipaux.

Lundi dernier, Roberval a fait de même, car la municipalité souhaite elle aussi obtenir la certification municipalité bleue, souligne le premier magistrat Sabin Côté. « En plus d’être un bon choix économique, ça nous permet de poser un geste pour réduire la consommation de plastique », a-t-il dit, en soulignant que sa municipalité a réduit sa consommation d’eau de 40 % depuis 2012.

Au lieu d’offrir des bouteilles d’eau lors de la conférence de presse, Saint-François-de-Sales a opté pour une carafe d’eau et des verres.

Contrairement à ce que laissent croire certains articles dans les médias, les municipalités ne peuvent pas interdire la vente de bouteille d’eau sur tout leur territoire. Elles décident plutôt de bannir la consommation de bouteilles d’eau à usage unique à l’intérieur des édifices municipaux, ou dans les événements qu’elle chapeaute, explique Alice-Anne Simard.

Pour une ville comme Montréal, cette réglementation fait donc en sorte que l’on ne retrouvera pas de bouteilles d’eau dans les bibliothèques ou dans les arénas, par exemple, ni dans aucun autre édifice municipal.

Certaines municipalités, comme Trois-Rivières, décident même de pousser le concept encore plus loin, en demandant aux événements qu’elle finance de bannir progressivement l’utilisation des bouteilles d’eau, comme c’est le cas avec le Grand Prix de Trois-Rivières.

Certaines villes comme Concord, au Massachusetts, ont complètement banni la vente de petites bouteilles d’eau. Une telle interdiction au Québec pourrait toutefois être contestée devant les tribunaux, estime Mme Simard.