L’ancien trésorier de la CSD, Serge Tremblay, affirme être prêt pour une longue bataille judiciaire.

Une poursuite contre 28 anciens syndiqués

Le lock-out des concessionnaires automobiles qui a grandement marqué la région pendant près de trois ans est de retour dans l’actualité, et ce, près de quatre ans après la fin de celui-ci. La Centrale des syndicats démocratiques intente une poursuite afin de mettre la main sur une somme estimée à environ 800 000 $. Ce montant représente la portion de la dette qui n’a pas été acquittée par 28 des 351 employés qui ont déserté le Syndicat démocratique des employés de garage pour en joindre un autre.

« À la conclusion de ce conflit, il y a des gens qui ont quitté, se disant mécontents. Je pense qu’ils ont quitté parce qu’il y avait une dette et qu’ils ne voulaient pas payer. Aujourd’hui, on est rendu au seuil de la démarche juridique, soit l’annonce d’un procès », a mentionné au Quotidien l’ancien trésorier et personne-ressource à la direction à la CSD, Serge Tremblay.

« Les gens qui ont décidé de quitter en pensant peut-être se libérer de la dette vont comprendre une chose : ils ont emprunté personnellement de l’argent par une décision dans un syndicat. Ils vont devoir personnellement la rembourser aussi », a ajouté M. Tremblay.

Deux options s’offriraient à la vingtaine d’employés concernés, soit le remboursement de leur part de la dette évaluée à 22 000 $ ou le remboursement des allocations hebdomadaires de 175 $ reçues lors du conflit qui a duré 34 mois.

« C’est la partie honteuse. Quand on quitte avec l’usufruit d’une lutte, c’est-à-dire notre convention collective qui a fait en sorte qu’on a des conditions de travail décentes et qu’en plus on laisse l’emprunt à ceux qui restent dans le syndicat, c’est là, la partie indécente de la démarche. J’appelle cela de la traîtrise », a exprimé M. Tremblay.

Celui-ci souligne qu’encore aujourd’hui, ces employés bénéficient des conditions de travail découlant de la convention collective. Celui qui compare la démarche de la vingtaine d’employés à une faillite frauduleuse affirme qu’ils doivent payer leur dette alors qu’ils ont quitté en connaissance de cause.

Du jamais-vu

À l’époque du conflit, les 28 employés de Léo Automobile Honda, Rocota Toyota et Alma Toyota ont quitté le Syndicat démocratique des employés de garage (SDEG-CSD) afin de migrer vers l’Union des opérateurs de machinerie lourde, local 791, affiliée à la FTQ-Construction.

Celui qui gravite dans l’univers syndical depuis 38 ans est dépassé par le comportement des employés et celui du syndicat.

« Jamais je n’aurais accueilli des membres qui ont un compte de solidarité à payer pour servir mes propres fins. Eux, ils l’ont fait. C’est une décision, c’est une terre d’accueil pour ceux qui ne voulaient pas payer, ils sont rendus là. Ça ne fait pas un syndicat très fort. Ce n’est pas ce qu’on prône », a exprimé celui qui dénonce l’absence de solidarité dans cette affaire.

Les dates de procès pour cette procédure ont été fixées au printemps prochain. L’ancien trésorier assure qu’il ne lâchera pas le dossier. Il explique que les sommes qui pourraient être obtenues à la suite de la poursuite seront remises au syndicat concerné.

Par ailleurs, rappelons que l’acquittement de la dette de 6,2 millions de dollars contractée par ceux qui étaient en lock-out à l’époque a été complété en août dernier. Les remboursements se sont terminés près de trois ans avant la date prévue, notamment grâce aux dons de près de 4 millions de dollars provenant de syndicats affiliés à la CSD. À l’époque, les employés avaient obtenu un soutien financier non remboursable de 15 millions de dollars. La somme provenait de la CSD et il s’agissait d’une mesure de soutien habituelle.

La CSD compte obtenir le remboursement de la dette des 28 employés de garage qui ont quitté le syndicat pour en joindre un autre.

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350 000$ POUR LES EMPLOYÉS DE GARAGE

Les salariés du Syndicat démocratique des employés de garages (SDEG-CSD) affilié à la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) ont obtenu samedi un soutien financier de 350 000 $. La somme provenant de la CSD et ses syndicats affiliés servira à reconstruire la vie syndicale à travers diverses actions. 

« L’objectif premier est d’accentuer la formation, de dynamiser la vie syndicale et de préparer la relève. Les gens ont vécu de façon solidaire ce conflit qui a posé des exigences tellement grandes qu’il faut rebâtir le syndicat, favoriser l’implication des gens et financer la formation », a mentionné au Quotidien l’ancien trésorier de la CSD qui regroupe plus de 300 syndicats, Serge Tremblay.

L’annonce de ce soutien financier a été faite, samedi, lors de l’assemblée générale du syndicat à laquelle assistait près d’une cinquantaine de membres, à l’hôtel Delta de Saguenay. 

La communication écrite de la CSD rappelle que « depuis 2016, la CSD et la Fédération de la métallurgie, des mines et des produits chimiques (FÉDEM), affiliée à la CSD, n’ont rien encaissé des coûts d’affiliation et de bureau pour permettre au syndicat de répondre d’abord et avant tout aux besoins de ses membres ». 

Rappelons que la centrale syndicale a offert une somme de 16 millions de dollars lors de ce qui fut le plus long conflit de travail de l’histoire du Québec et qu’elle qualifie de « lutte historique ».