Les travaux de la centrale de Chute-à-Caron sont interrompus jusqu’à l’obtention des résultats sanguins de l’employé potentiellement intoxiqué.

Une possible intoxication au plomb chez Rio Tinto

Une possible intoxication au plomb force l’arrêt des travaux à la centrale de Chute-à-Caron de Rio Tinto, à Shipshaw. En début de semaine, la poussière de ce métal toxique s’est dégagée d’un équipement pendant qu’un employé s’affairait à le nettoyer.

La zone des travaux a été immédiatement fermée et une trentaine de personnes ont dû passer des tests sanguins. Au moment d’écrire ces lignes, les dirigeants n’avaient toujours pas reçu les résultats. Une seule personne présenterait des symptômes d’intoxication. Mais la contamination peut toutefois être asymptomatique.

« Il y a un employé qui présente, potentiellement, des symptômes mineurs. Mais on ne sait pas si les symptômes sont liés à la situation. Pour le moment, la zone a été délimitée et fermée. Les travaux sont interrompus. On ne prend pas de chance. Peut-être qu’il n’y a rien. Mais on travaille en mode préventif. On prend ça très au sérieux », a souligné la porte-parole de l’entreprise, Xuân-Lan Vu, ajoutant que les travaux reprendront lorsque les lieux seront jugés sécuritaires.

Les contaminations ou intoxications au plomb se font de plus en plus rares au Québec. L’utilisation de ce métal très toxique a été considérablement réduite dans les dernières décennies. Les gouvernements, rappelons-le, ont limité la présence de plomb dans plusieurs produits, dont l’essence. Mais les lieux de travail, les usines en particulier, demeurent les milieux où les sources d’exposition au plomb sont les plus importantes. 

À la centrale de Chute-à-Caron, le plomb proviendrait de la peinture recouvrant l’équipement nettoyé. Le métal est en effet encore utilisé dans la peinture industrielle.

Une exposition en continu au plomb peut nuire à la santé. Les symptômes vont de la fatigue légère aux douleurs abdominales, vomissements, à la perte de poids et à la diminution d’intérêt. Dans de rares cas, la contamination peut mener au coma et à la mort. 

Une intoxication aiguë, c’est-à-dire une accumulation d’une grande quantité de plomb sur une courte période, représente également des dangers pour la santé. La fatigue, les nausées, les douleurs articulaires et la diarrhée sanglante font partie des symptômes. 

Dans le cas de RT, il est impossible pour l’instant de connaître la quantité de poussières de plomb. Mais selon les différents intervenants interrogés, dont le président syndical d’Énergie électrique sud, Pierre Lavoie, la situation n’était pas alarmante. « Tous les employés sont au travail. La situation est sous contrôle », a-t-il répondu, dans un bref entretien téléphonique accordé mardi. 

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a été informée de l’événement et la direction confirme qu’elle n’a pas eu besoin de dépêcher d’inspecteurs sur place. L’entreprise et les employés, par l’entremise d’un comité paritaire, ont pris en charge l’événement et travaillent déjà à mettre en place des solutions pour éviter de futures contaminations au plomb, et ce, avant même d’avoir eu les résultats sanguins.