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Pierre Charbonneau
Pierre Charbonneau

Une «porte fermée» aux régions selon GNL Sag-Lac

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
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Le rejet du projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay, GNL Sag-Lac le voit comme une « porte fermée » aux régions. Mais aussi comme un dangereux précédent.

« Je pensais que le gouvernement avait des couilles, mais visiblement, il n’a pas le courage. Il se laisse impressionner par le tapage médiatique et la surexposition des opposants. Il faut s’attendre à ce que tout le milieu industriel des régions soit en colère contre ça », clame Pierre Charbonneau, co-porte-parole du groupe.

Ce dernier insiste pour dire que la décision rendue par le gouvernement de François Legault mercredi fera de nombreux « perdants », à commencer par les jeunes, pour qui les bons emplois ne sont pas assez nombreux au Saguenay-Lac-Saint-Jean selon lui.

Pierre Charbonneau craint que le signal donné par Québec vienne nuire à tous les projets futurs. « Le jour où Rio Tinto va vouloir annoncer un projet d’expansion, ça va créer une légère augmentation du trafic maritime comme GNL aurait fait, et là ils vont sortir encore les bélugas et vont s’opposer. On vient de prendre à la gorge tous les développements industriels futurs. »

Le co-porte-parole se trouvait à Québec lors de l’annonce de la tenue de cette conférence à l’hôtel Le Montagnais. Vu le court préavis, il n’a pu se rendre sur place.

Il déplore aussi les raisons évoquées par Benoit Charette pour refuser le projet.

« Le gouvernement n’a pas évolué depuis le mois de mars, alors que le projet, lui, a continué à évoluer. Ils [les promoteurs] sont allés chercher des ententes avec deux grandes organisations, Siemens et HEH [Hanseatic Energy Hub], ce qui démontre qu’il y a vraiment un potentiel d’améliorer les émissions de GES dans le monde. Et ensuite on est allés chercher des résolutions de conseils municipaux à travers la région pour respecter l’acceptabilité sociale. Alors ses trois conditions, il les a et il n’en tient pas compte. Il bafoue l’opinion de la majorité silencieuse. »

L’AEQ consternée

Selon l’Association de l’énergie du Québec, c’est au « plus gros investissement privé de son histoire » que la province vient de dire non. Le président Éric Tetrault déplore le fait que le gouvernement ait été incapable de défendre « le meilleur projet de gaz naturel liquéfié d’Amérique du point de vue de l’environnement ».

« D’abord solidement derrière le projet, le gouvernement s’est subitement replié derrière le BAPE, endossant ainsi un rapport où ses auteurs démontraient une grande ignorance des marchés mondiaux et de la mathématique des émissions globales, et où ils affirmaient sans rire que l’acceptabilité sociale n’y était pas. Cette absence de leadership a envoyé des signaux extrêmement négatifs pour quiconque à l’étranger aurait pu manifester son intérêt », a-t-il exprimé par voie de communiqué.

Toujours selon l’AEQ, Québec a joué la carte de l’environnement pour des raisons d’ordre politique et n’a pas su jouer son rôle auprès des investisseurs. « Le Québec et le Canada fournissent constamment la preuve aux investisseurs étrangers qu’ils sont des champions pour ne pas faire aboutir les grands projets industriels de ressources. »