Les mécanismes de consultations à privilégier peuvent aller du traditionnel sondage à la création d’un groupe Facebook pour recueillir les commentaires jusqu’à la tenue d’un forum citoyen, d’un atelier de co-création ou d’une commission avec représentation citoyenne. La « charrette », un atelier intensif réunissant pendant quelques jours des personnes, et le « jury citoyen », un groupe composé de citoyens choisis par tirage au sort, sont également des mécanismes de consultation que pourra utiliser Saguenay.
Les mécanismes de consultations à privilégier peuvent aller du traditionnel sondage à la création d’un groupe Facebook pour recueillir les commentaires jusqu’à la tenue d’un forum citoyen, d’un atelier de co-création ou d’une commission avec représentation citoyenne. La « charrette », un atelier intensif réunissant pendant quelques jours des personnes, et le « jury citoyen », un groupe composé de citoyens choisis par tirage au sort, sont également des mécanismes de consultation que pourra utiliser Saguenay.

Une politique de consultation citoyenne adoptée... mais sans passion

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Une première politique de consultation citoyenne, le cheval de bataille de Josée Néron, vient d’être adoptée à Saguenay.

Après un premier échec en 2016, alors que plusieurs échevins avaient voté contre sa résolution d’encadrer et de faire plus de consultations, la mairesse a finalement réussi à faire passer son projet à l’unanimité. Mais sa politique est loin de susciter les passions chez bien des conseillers, dont certains admettent avoir voté à contreoeur.

La nouvelle politique, précisons-le, entraînera notamment la création d’un poste de coordonnateur à la consultation citoyenne. Un « investissement » estimé entre 90 000 $ à 100 000 $ par année. La ville s’engage également à dégager un budget « participatif », dont les dépenses seront décidées par la population.

« Il s’agit d’une politique qui va encadrer la façon dont on va consulter. Plusieurs sujets pourront être soumis à la population. La politique vient d’être adoptée, mais on ne veut pas qu’elle soit ‘tablettée’, donc on vise l’embauche d’une ressource pour la déployer. La création de ce poste sera votée en séance du conseil », précise la mairesse Josée Néron, dans une entrevue accordée au Quotidien.

Pour, mais contre ?

En 2016, les conseillères Josée Néron et Christine Boivin de l’ERD avaient déposé une résolution à la table du conseil pour l’élaboration d’une telle politique, mais la majorité des conseillers de l’époque l’avaient rejetée. Seuls Simon-Olivier Côté et Julie Dufour avaient voté en faveur. Ceux qui s’étaient opposés et qui se trouvent toujours à la table du conseil, Carl Dufour, Michel Tremblay et Marc Pettersen, se sont finalement ralliés, sans toutefois saluer l’initiative.


« J’ai voté à contrecoeur. Je pense qu’on est élu pour décider. Et à la prochaine élection, si les citoyens ne sont pas contents, ils nous remplacent tout simplement. »
Marc Pettersen

« À l’époque, on nous vendait cette politique de consultation comme un cadre supplémentaire pour consulter nos gens, mais on le faisait déjà. Pour les grands projets, je suis d’accord qu’il y ait un cadre plus important. Ça prend ça. Mais si c’est pour des consultations sur un petit projet, je ne suis pas là. Elle le fera toute seule », répond Carl Dufour, questionné sur son changement de cap.

Marc Pettersen a aussi voté en faveur en 2020, mais plutôt pour éviter de faire du rififi et retarder la séance du conseil. Pour l’instant, la politique n’a pas d’impact sur les finances et ne cause pas d’enjeux majeurs à la ville. « J’ai voté à contrecoeur. Je pense qu’on est élu pour décider. Et à la prochaine élection, si les citoyens ne sont pas contents, ils nous remplacent tout simplement », plaide Marc Pettersen.

Pour sa part, la mairesse croit qu’une politique et l’ajout d’une ressource dédiée permettront à la ville d’économiser à long terme, surtout si la mairesse demeure au pouvoir et décide d’augmenter le nombre de consultations publiques.

« Depuis le début de notre mandat, on a fait plus de 10 consultations. Chaque fois, ça peut coûter autour de 20 000 $ et on doit aller à l’externe pour s’en occuper. Si j’ai une opportunité d’embaucher une ressource, ça permettra de bonifier notre offre, et en même temps d’accrocher toutes les consultations qu’on doit mener », ajoute la mairesse.

L’élaboration de la politique, un document d’une quinzaine de pages qui décrit essentiellement les différents mécanismes de consultation citoyenne à privilégier, a coûté un peu plus de 35 000 $ aux contribuables de Saguenay, selon les chiffres fournis par le cabinet de la mairesse. C’est la firme régionale Transfert Environnement et Société qui a obtenu le contrat.

Selon le document, les consultations à privilégier peuvent aller du traditionnel sondage à la création d’un groupe Facebook pour recueillir les commentaires jusqu’à la tenue d’un forum citoyen, d’un atelier de co-création ou d’une commission avec représentation citoyenne. La « charrette », un atelier intensif réunissant pendant quelques jours des personnes, et le « jury citoyen », un groupe composé de citoyens choisis par tirage au sort, sont également des mécanismes de consultation que pourra utiliser Saguenay.

Budget participatif

La ville s’engage également à mettre à la disposition des citoyens un budget participatif. Ce budget sera voté par le conseil de ville au cours des prochains mois. Deux millions $, 500 000 $, 100 000 $ ? Impossible de connaître la valeur de ce montant, car il n’a toujours pas été déterminé par les élus. Pour dépenser ce budget, la ville pourrait notamment procéder par appel de projets provenant de la communauté.