Une plus grande stabilité pour le département de pédiatrie

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La fin de la saga du pédiatre Dany Harvey à l’hôpital d’Alma permettra au service de pédiatrie de cet établissement du Centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) d’atteindre une plus grande stabilité tout en diminuant la pression sur les trois spécialistes qui se partageaient depuis un an le travail normalement réalisé par cinq spécialistes.

La pédiatre Claudyne Rousseau a transmis au Quotidien une missive (voir autre texte) qui traduit bien l’état d’esprit de l’équipe pédiatrique de l’hôpital d’Alma. Au cours d’une conversation téléphonique avec Le Quotidien, Claudyne Rousseau a assuré que d’ici quelques semaines, le service à la population allait se stabiliser, avec en prime la fin des périodes de découverture (absence de garde en pédiatrie en milieu hospitalier).

« Quand nous avons été informés que le docteur Harvey n’allait plus assumer de garde il y a un an, une autre de nos collègues venait de tomber en congé de maternité. Du jour au lendemain, nous nous sommes retrouvés à trois pour assumer tout le travail de garde en hospitalisation. Nous avons heureusement pu compter sur des médecins dépanneurs, mais il y a quand même eu des périodes de découverture. »

L'hôpital d'Alma

Ces périodes ont obligé des femmes d’Alma à se rendre accoucher à Alma ou Roberval. Les trois médecins, qui ont été dans l’obligation de recueillir une clientèle additionnelle, ont donc eu moins de temps pour le suivi de leurs patients réguliers. Il a donc été plus difficile pour les parents d’obtenir des rendez-vous et la médecin n’a visiblement pas apprécié les conséquences de cette situation pour eux.

Selon les informations recueillies par Le Quotidien, cette affaire a traîné en longueur en raison de la tournure politique du dossier. Le docteur Dany Harvey a demandé au député caquiste Éric Girard d’intervenir afin de le supporter dans sa demande de dérogation du plan des effectifs médicaux. Cette demande avait pour objectif de permettre de conserver ses privilèges de spécialiste dans les murs du CIUSSS, qui confèrent des avantages financiers importants, sans pour autant devoir assumer les responsabilités qui en découlent, dont le partage des périodes de garde avec l’équipe de la pédiatrie.

Le CIUSSS a rapidement tranché la question en refusant la demande du pédiatre, qui voulait se concentrer sur les allergies. La direction du CIUSSS a été prise au piège puisqu’elle a été dans l’obligation d’attendre les résultats du cheminement politique du dossier. La conclusion de l’affaire confirme que la ministre de la Santé Danielle McCann a refusé d’intervenir politiquement malgré l’appui du député Éric Girard et l’intervention de la ministre régionale Andrée Laforest.

En ce qui concerne le service de pédiatrie de l’hôpital d’Alma, le CIUSSS a recruté une nouvelle spécialiste qui débutera au printemps. La médecin en congé maternité effectuera un retour au travail sous peu. L’équipe comptera donc sur cinq médecins et sera ainsi en mesure d’assumer l’ensemble de la charge de travail en milieu hospitalier et auprès des patients en bureau.

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LETTRE DE LA DRE ROUSSEAU

Étonnement et soulagement

OPINION / Lorsque j’ai lu la lettre du Dr Harvey ce matin dans le journal Le Quotidien, j’ai été étonnée de ne pas retrouver l’ombre d’une excuse envers la population. Plusieurs patientes ont dû aller accoucher ailleurs lors des périodes de découverture, plusieurs parents de patients n’ont pu obtenir de rendez-vous de suivi avec leur pédiatre (Dre Brigitte Carrière, Dre Joëlle Rouillard-Lafond et moi-même) parce que ces dernières devaient assumer plus de gardes (donc moins de jour de bureau). Plusieurs enfants ont dû être hospitalisés ailleurs dans la région pendant ces mêmes périodes de découverture.

J’ai aussi été étonnée de ne pas apercevoir l’ombre d’un merci envers ses collègues (nommées ci-haut) qui, depuis 11 mois ont assumé le surplus de gardes les soirs, les nuits, les week-ends et les jours fériés.

Le Dr Harvey n’a pas présenté les faits exactement comme ils se sont produits, en ce sens l’attention qu’il a reçue des médias s’en est trouvée biaisée.

Il aurait pu tout autant organiser sa pratique en allergie en cabinet, comme la plupart des allergologues du Québec, sans laisser tomber sa clientèle en faisant porter le blâme sur autrui.

Non, je n’ai pas pleuré, je suis juste sincèrement soulagé que ce soit terminé.

Dre Claudyne Rousseau

Chef local de pédiatrie, hôpital d’Alma