Christian Simard et Marie Côté dénoncent le bruit qui émane de la Coopérative forestière Ferland-et-Boilleau.

Une plainte contre le bruit de la Coopérative forestière Fernand-Boileau

Un couple de Ferland-et-Boilleau a interpellé le ministère de l’Environnement du Québec, au printemps dernier. Marie Côté et Christian Simard prétendent que les activités de la Coopérative forestière de l’endroit sont trop bruyantes, nuisant ainsi à la quiétude des moments passés à leur chalet habitable à l’année.

L’habitation, qui est aussi offerte en location par les propriétaires, est située sur le bord du petit lac Picard, accessible via la route 381. Selon Mme Côté, le bruit intense de la déchiqueteuse de l’entreprise est entendu de 7 h le matin à 18 h le soir, parfois même le dimanche.

« C’était à mon père depuis 1985 et c’était très tranquille. C’est pour ça qu’on l’a acheté. Mais on a une mauvaise surprise depuis deux ans », se désole M. Simard. Selon lui, le chalet est situé à environ 1000 pieds en ligne droite de la coopérative, et quand le vent souffle vers eux, « c’est insupportable ».

Sophie Gauthier, conseillère en communication pour le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec (MELCCQ), confirme qu’une plainte a été reçue le 17 avril en lien avec le bruit de la déchiqueteuse de la coopérative.

Le chalet est située sur le bord du petit lac Picard, accessible via la route 381, à environ 1000 pieds de la coopérative.

« Le 2 mai, une inspection a été réalisée sur le site afin de vérifier le bien-fondé de cette plainte. À ce moment, une mesure de bruit a été effectuée à l’aide d’un sonomètre. Le ministère est retourné pour une seconde inspection le 9 mai 2019, toujours en suivi de la plainte de bruit provenant des activités de la Coopérative forestière, afin d’effectuer de nouvelles mesures de bruit », souligne Mme Gauthier.

Les résultats sont présentement analysés par un expert du MELCCQ. Cette étape vise à déterminer si le bruit contrevient à la Loi sur la qualité de l’environnement.

« Le cas échéant, le ministère assurera le traitement approprié du manquement en cause conformément à sa Directive sur le traitement des manquements. Aussi, le ministère s’assurera, le cas échéant, que la situation soit corrigée dans les meilleurs délais », ajoute Mme Gauthier.

Mme Côté prétend que les taux de décibels mesurés seraient presque deux fois plus élevés que les normes, ce que n’a pas confirmé le MELCCQ. Selon elle, « les mesures ont atteint 78 décibels alors qu’elles devraient être de 45 ».

Le directeur général de la Coopérative forestière Ferland-et-Boilleau, Éric Rousseau, confirme que des activités de broyage de biomasse forestière avec une déchiqueteuse ont lieu sur les terrains de l’entreprise.

« Nous ne sommes pas en mesure de confirmer cette information. Comme précédemment mentionné, les données recueillies dans le cadre des deux séances de mesure de bruit doivent faire l’objet d’une expertise avant de statuer sur ce point. En résumé, pour chaque évaluation faite par le ministère, la norme peut être soit le niveau établi en fonction du niveau maximal permis selon le zonage et la période de la journée ou soit le niveau sonore ambiant pour un secteur donné qui servira de référence réglementaire. Pour le moment, on ne peut pas affirmer que la limite de 45 décibels sera retenue comme la norme pour le cas en question. Cela fait notamment partie de l’analyse en cours », précise Mme Gauthier.

Plus paisible à Montréal

Les propriétaires ont même pensé quitter leur chalet tellement la situation est devenue « intense, insupportable et irritante » pour leur moral. Il leur arrive même de porter des écouteurs pour bien entendre la télévision.

« C’est une place pour se reposer, mais c’est plus bruyant qu’en ville. J’ai habité 10 ans à Montréal, et c’était plus paisible qu’ici, en plein coeur de la forêt », se désole Mme Côté.

Pour régler la situation, le couple se demande si la coopérative pourrait mettre ses machines à l’intérieur d’un bâtiment ou les éloigner pour diminuer le bruit.

« On comprend que la communauté a besoin d’ouvrage, mais ils peuvent essayer de nous respecter dans ça. On est ouverts à des solutions », espère M. Simard, ajoutant que son cousin, qui habite à environ quatre kilomètres là, entend aussi le bruit.

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SUPRIS, MAIS OUVERT AUX RECOMMANDATIONS

Le directeur général la Coopérative forestière Ferland-Boilleau, Éric Rousseau, entend se conformer aux recommandations du ministère de l’Environnement du Québec, le cas échéant. Il se dit cependant surpris de cette plainte, étant donné que les opérations durent depuis au moins six ans et, surtout, qu’il y a moins de déchiquetage qu’avant. 

M. Rousseau confirme que des activités de broyage de biomasse forestière avec une déchiqueteuse ont lieu sur les terrains de l’entreprise, pour le compte de l’hôpital de Jonquière, et qu’il avait aussi comme client la Fromagerie Boivin il y a quelque temps. Le bruit n’aurait donc pas commencé il y a deux ans, comme le prétendent les propriétaires du chalet.

« Nous essayons d’opérer à des heures qui ne dérangent pas trop et de mettre des modalités en place », mentionne M. Rousseau.

Le directeur général dit n’avoir reçu aucune communication écrite du ministère depuis ses visites à la coopérative, les 2 et 9 mai. 

« Nous voulons être de bons citoyens corporatifs, alors nous allons nous conformer, s’il le faut. »

M. Rousseau n’a pas eu de contact direct avec Marie Côté et Christian Simard. Il reçoit plutôt les communications de la part de la municipalité. Tous deux en vacances, le maire, Hervé Simard, et le directeur général, Réal Lavoie, n’étaient pas disponibles pour répondre aux questions du Quotidien.