Environ 200 résidants de Lac-Kénogami ont pris place à l’édifice municipal.

Une pétition à Lac-Kénogami, puis un ton qui a baissé

C’était au tour des citoyens de Lac-Kénogami de faire connaître leur mécontentement mercredi soir, alors qu’environ 200 d’entre eux avaient pris place à l’édifice municipal. Alors que l’ambiance semblait explosive au départ lors de la présentation du conseiller Jonathan Tremblay, ils ont transmis leurs préoccupations dans un climat loin de la confrontation.

Le moment fort est intervenu au tout début de la période de discussion ouverte au public. Une résidante du secteur depuis cinq ans, Geneviève Belley, a mentionné qu’elle faisait circuler une pétition ayant déjà recueilli 316 signatures. Sa pétition semblait rejoindre la réalité de plusieurs de ses concitoyens. Elle énumérait plusieurs récriminations, notamment que plusieurs « n’ont pas accès au système d’aqueduc, “n’ont pas de services d’eaux usées”, “n’ont pas de service d’ordures résidentielles hebdomadaire”, et bien d’autres points. “Je ne sais pas si je reprendrais la même décision de me construire aujourd’hui, a-t-elle lancé au conseiller. Je sais que probablement rien ne va changer, mais il faut commencer à faire germer.”

Après une salve d’applaudissements, Jonathan Tremblay s’est engagé à déposer la pétition au conseil de ville de lundi prochain si tel était son désir.

Avant d’entendre les citoyens, Jonathan Tremblay avait, passant point par point son ordre du jour, pris la parole pendant près d’une heure. Quelques moments d’impatience ont été entendus alors que des gens l’ont interpellé directement.

Ayant senti venir le coup, il est revenu sans surprise sur la hausse de salaire des élus de Saguenay, qui réapparaît très souvent dans les récriminations.

Il a raconté que lors de son mandat précédent, il avait encore assez de temps pour occuper un poste à temps partiel d’enseignant, mais que ses nouvelles tâches et la réduction du nombre de conseillers ne lui donnaient plus ce temps. Il a expliqué encore une fois que la hausse de 20 000 $ du salaire de base, passé de 32 000 $ à 52 000 $, se divisait en deux. Il y avait d’abord une moitié qui permet de retrouver le salaire net perdu en raison de l’imposition par le fédéral de l’allocation de dépenses de 16 000 $. L’autre moitié est une hausse de salaire pour retrouver une certaine équité avec les autres grandes villes comparables.

“Si on veut attirer des jeunes et des gens de tout acabit, je pense qu’il y a un coût. Mais le 66 %, c’est vrai qu’il nous fait mal”, a-t-il admis, en référence à la hausse brute du salaire de base.

Plus la rencontre avançait et plus le ton baissait, alors que plusieurs sujets abordés relevaient plus de cas particuliers. Certains sont même venus féliciter le conseiller pour son courage et l’ont encouragé à tenir plus souvent des rencontres du genre.

L’auteur de ces lignes a dû quitter vers 20 h 50. Selon la conseillère Julie Dufour, le reste de la rencontre s’est bien déroulé. “Le ton a même descendu encore plus”, a-t-elle dit lorsque jointe par téléphone. La rencontre a pris fin un peu avant 22 h.