Jacques Fortin, directeur général de La Pulperie, Lyne L’Italien, directrice générale du Théâtre La Rubrique, et Louise Bouchard, directrice du Conservatoire de Saguenay, étaient les invités du Cercle de presse.

Une pénurie, même en culture

La pénurie de main-d’œuvre frappe aussi le secteur culturel régional. Les différentes institutions du Saguenay peinent à attirer des employés spécialisés et doivent faire preuve de créativité pour les conserver.

C’est le constat qu’ont fait Jacques Fortin, directeur général de La Pulperie, Louise Bouchard, directrice du Conservatoire de Saguenay, et Lyne L’Italien, directrice générale du Théâtre La Rubrique, devant le Cercle de presse, mercredi.

« C’est un défi, il faut être imaginatifs pour trouver des façons de faire, lance Louise Bouchard à ce sujet. Si la personne peut bien vivre en région, si elle peut avoir un salaire substantiel, là elle va rester. » La clé du succès pour attirer des professeurs au Conservatoire, explique Mme Bouchard, est de créer des partenariats avec les différentes écoles de musique de la région. Un musicien pourra obtenir la majorité de son salaire en enseignant au Conservatoire et compléter sa tâche au Collège d’Alma, par exemple.

Au théâtre, il est de plus en plus difficile de trouver des techniciens. « Les conditions de travail sont assez difficiles. Ils rentrent le matin, retournent chez eux l’après-midi, reviennent le soir. Les salaires ne sont pas élevés. On a de plus en plus de misère à en trouver dans la région », indique Mme L’Italien.

Certaines professions spécialisées des arts de la scène tendent aussi à disparaître.

« Il y a des métiers qui se perdent. Il n’y a plus de chapelière. Il y a des petits métiers au niveau des marionnettes qui existaient avant... Il y a un patrimoine qui est en train de s’effriter tranquillement », ajoute celle qui produit aussi le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay.

Neuf mois pour combler un poste

À La Pulperie, il aura fallu neuf mois pour trouver un deuxième technicien en muséologie.

« On avait une subvention pour payer le salaire d’un employé pendant un an. C’est moins intéressant de faire venir quelqu’un de Montréal pour une courte période de temps. La personne doit se trouver un logement. Elle sait que c’est temporaire », raconte Jacques Fortin.

Le conseil d’administration de l’institution muséale a donc fait le choix de mettre des ressources financières dans le salaire du premier technicien pour lui donner les meilleures conditions salariales possible.

« Pour que les gens restent, ça prend de l’emploi. Pour avoir des emplois, ça prend de l’argent », résume M. Fortin.

Entrepreneur

Par ailleurs, même s’il n’est pas toujours facile de gagner sa vie dans le monde culturel dans la région, les trois intervenants réunis mercredi estiment qu’il est possible de le faire. Quelques comédiens dans la région, sans être riches, gagnent leur vie uniquement avec leur art, constate Lyne L’Italien.

Louise Bouchard partage le point de sa collègue du Théâtre La Rubrique, et ajoute qu’il faut être débrouillard pour survivre. « Il faut être un entrepreneur pour vivre en région, peu importe ce que l’on fait. Il faut inventer son travail. »