Proces Yves Martin

Une peine très attendue pour Yves Martin

Yves Martin, le multirécidiviste de l'alcool au volant, devrait recevoir l'une des plus importantes peines jamais imposées au Canada pour une accusation de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort.
Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, sera au Palais de justice de Chicoutimi, jeudi, pour clore l'un des dossiers judiciaires les plus médiatisés des dernières années au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Martin a été reconnu coupable, le 2 décembre 2016, par un jury de 12 personnes, de conduite dangereuse causant la mort, conduite avec les facultés affaiblies causant la mort et conduite avec un taux de plus de .08 causant la mort. Des verdicts unanimes ont été rendus pour chaque chef d'accusation.
Au cours des représentations sur sentence, Me Jean-Marc Fradette, en défense, a demandé une peine de 10 années de pénitencier.
En contrepartie, Me Michaël Bourget, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a plutôt réclamé une sentence variant de 15 à 20 ans d'emprisonnement en tenant compte des deux antécédents judiciaires de l'accusé en pareille matière.
« Ceux qui croient qu'une peine de plus de 10 ans serait la plus sévère au pays se trompent. Nous avons trouvé deux peines importantes, dont une de 20 ans d'emprisonnement et une autre à perpétuité. Il s'agissait d'accusés autochtones. Ils avaient des antécédents judiciaires pour des facultés affaiblies et pour d'autres dossiers », a mentionné Me Bourget.
Pour sa part, Me Fradette ne sait pas à quoi s'attendre de la décision du juge Huot, mais il espère qu'elle n'amènera pas à un dérapage.
« Il faut effectivement être prudent, car une peine de plus de 12 ou 13 ans pourrait permettre d'établir le plancher à suivre pour les prochaines sentences. Ce que j'ai demandé, 10 ans, c'est la plus logique possible et objective. Je ne l'ai pas fait en me disant que le juge était pour couper la poire en deux », indique le criminaliste.
Trois morts
Il faut se souvenir qu'Yves Martin, qui a deux antécédents de conduite avec les facultés affaiblies, a tué Mathieu Perron, sa conjointe Vanessa Tremblay-Viger et leur fils Patrick, âgé quatre ans. La dame était aussi enceinte de quelques semaines.
« Ce que j'ai demandé, 10 ans, c'est la plus logique possible et objective. Je ne l'ai pas fait en me disant que le juge était pour couper la poire en deux. »
Me Jean-Marc Fradette
L'événement fatidique s'est produit vers 20 h 40 dans le rang Saint-Paul, à Laterrière. À bord de son camion Dodge Ram 1500, Martin a filé jusqu'à une vitesse de 127 kilomètres à l'heure dans un rang sinueux et vallonneux où la vitesse maximale était de 80 km/h. L'impact s'est produit à 121 km/h.
En raison de son taux d'alcool de .179 (plus de deux heures et trente minutes après l'accident), Martin a dévié de sa voie et est allé percuter de plein fouet la Honda Civic des victimes, qui n'ont eu aucune chance de s'en sortir.
Martin avait fait des déclarations incriminantes à l'arrivée des premiers secouristes, disant que c'était de sa faute, qu'il était dans la « marde », qu'il était en état d'ébriété et qu'il allait se retrouver en prison.
Il a été reconnu coupable par un jury de huit hommes et quatre femmes le 2 décembre dernier, au terme d'un procès de six semaines au Palais de justice de Chicoutimi.
Les verdicts de culpabilité n'ont pas été contestés.