Une page d’histoire se tourne à Dolbeau-Mistassini

Une page d’histoire est sur le point de se tourner à Dolbeau-Mistassini, alors que le pont reliant les deux rives de la rivière Mistassini est en train d’être détruit, après la mise en service du nouveau lien, le 8 novembre dernier.

Si vous passez par Dolbeau-Mistassini, vous aurez l’occasion d’emprunter le nouveau pont, mais également de voir la démolition de l’ancien.

Lors du passage du Progrès, des travailleurs spécialisés coupaient d’énormes parties du tablier du pont. Les travailleurs étaient attachés à leur nacelle, et une grue les trimballait au-dessus de la rivière Mistassini pour démanteler le vieux pont, qui date de 1947.

« Le pont était rendu à sa fin de vie utile », mentionne Andrée-Anne Duchesne, conseillère en communication du ministère des Transports du Québec (MTQ).

Tant qu’à construire un nouveau pont, le MTQ a analysé les besoins actuels et futurs pour répondre à l’achalandage entre les deux rives. Les travaux ont aussi permis d’améliorer la géométrie routière en adoucissant les courbes à l’approche du pont. Selon les données recueillies en 2015, 17 300 véhicules, dont 5,8 % de véhicules lourds, empruntent le pont chaque jour.

Alors que l’ancien pont s’étalait sur une distance de 132 mètres, avec une largeur de 11 mètres, le nouveau à poutre d’acier fait 262 mètres de longueur et 18,1 mètres de largeur. On y retrouve trois voies, dont deux en direction de Dolbeau, avec un terre-plein au centre, ainsi qu’un trottoir protégé. Si le débit de circulation augmente dans le secteur, il sera même possible d’ajouter une quatrième voie, note Andrée-Anne Duchesne. Ce pont a aussi été conçu pour résister aux secousses sismiques et pour demeurer ouvert à la circulation après un séisme.

Après la mise en service du nouveau pont, le 8 novembre, la démolition de l’ancien a débuté.

Mais travailler au-dessus d’un cours d’eau avec un aussi fort courant n’a rien d’évident, et d’importantes mesures doivent être prises pour la sécurité des employés et pour réduire les impacts sur l’environnement. C’est pourquoi de grandes bâches ont été installées sous la structure, dans le but de retenir les pièces et les sédiments qui se détachent.

Des installations permettent aussi de récupérer l’eau, utilisée pour scier différents matériaux, en l’acheminant vers la rive où se trouve un bassin de récupération. « Rien n’est émis dans l’environnement », souligne Andrée-Anne Duchesne. Dans un premier temps, l’asphalte et les lampadaires ont été retirés, et le MTQ retire maintenant la dalle, l’épaisse couche de béton qui se retrouve sous la route. Par la suite, il restera à enlever les garde-corps, les poutres et les fondations.

Les travaux de finition, le terrassement et l’aménagement d’une piste cyclable sous le pont seront complétés en 2019. Au total, les travaux, entamés en 2017, coûteront 55,7 millions $, dont 18,6 millions $ sont fournis par le gouvernement fédéral. La balance de 37,1 millions $ est épongée par le gouvernement du Québec.