L’oeuvre présente des baleines nordiques formant un cercle.

Une oeuvre pour le fjord en Chine

Même en Chine, le sculpteur multidisciplinaire Thomas Meloche lance son message pour protéger le fjord du Saguenay. Au courant de la dernière semaine, il a créé une oeuvre de glace significative au Symposium international de sculpture de Changchun, où seulement une trentaine d’équipes ont été sélectionnées parmi près de 200 candidatures.

Intitulée Cercle de vie, la sculpture montre des baleines nordiques liées par un ruban. « Si on brise la chaîne, ça ne tient plus et on ne sait pas ce qui va arriver. C’est comme pour les changements climatiques, nous sommes à un point critique », explique Thomas Meloche en entrevue téléphonique. Les visiteurs peuvent aussi lire, en bas du nom de l’oeuvre, le symbole d’un coeur et le mot « fjord » : un clin d’oeil pour le cours d’eau saguenéen que le résidant de Sainte-Rose-du-Nord désire préserver.

« Avec des projets en cours comme Arianne Phosphate, j’aimerais en faire plus pour sensibiliser les gens, affirme Thomas Meloche. Je travaille souvent à l’extérieur de la région et dans tous les événements auxquels je participe, j’essaie de faire un clin d’oeil au fjord. Faire ça en Chine, un pays dont on parle souvent en raison de la pollution, je trouvais que c’était pas pire ! »

Thomas Meloche a réalisé la sculpture avec un artiste de Singapour et un assistant chinois.

La symbolique était d’autant plus grande que le bloc de glace a été formé avec l’eau d’une rivière chinoise.

« Comme artiste, mon langage, c’est l’image. Il ne faut pas juste que ce soit beau, ça doit dire quelque chose. Ce n’est pas en essayant d’exploiter la nature qu’on va la sauver. Il faut en prendre soin. Je ne peux pas empêcher un projet à moi tout seul, mais je peux projeter l’idée aux autres, pour qu’on se rende compte que l’environnement, c’est important », soutient Thomas Meloche. Le sculpteur se soucie d’ailleurs d’utiliser des matériaux biologiques pour ses oeuvres.

À l’international

Lorsqu’il s’est initié à la sculpture sur neige il y a 20 ans, puis à celle sur glace, Thomas Meloche était loin de se douter qu’il en ferait son gagne-pain l’hiver, lui qui est notamment engagé pour sculpter l’Hôtel de Glace de Québec. Il est aussi de plus en plus invité dans des événements internationaux, par exemple en Belgique ou en Slovaquie.

Thomas Meloche a passé une semaine en Chine pour sculpter son oeuvre de glace.

« J’étais en Allemagne en novembre et j’ai revu un artiste de Singapour qui m’a demandé de participer avec lui au symposium en Chine. J’ai soumis le dessin et nous avons été choisis, raconte Thomas Meloche. Nous étions aidés par un local. Il y avait des équipes de Mongolie, de Russie, des États-Unis, de Thaïlande... Il n’y avait pas de compétition, c’était un échange de cultures. Il y avait même des traducteurs ! »

Le sculpteur a profité de ce voyage d’une semaine pour se doter de nouveaux outils. « Il y a des textures différentes utilisées en Chine, note-t-il. Leur art ne ressemble pas à ce qui se fait au Canada ou au Québec. Il y a beaucoup de dragons, de poissons, de vitraux. C’est démesuré, c’est capoté ! »

La sculpture représente des baleines nordiques liées par un ruban.

Même si l’événement de Changchun est 10 fois plus grand que Saguenay en neige, le festival saguenéen n’a rien à envier côté qualité, selon Thomas Meloche. « On a une bonne expertise au Québec. Les festivals et l’Hôtel de Glace, c’est notre école. C’est quand on sort de chez nous qu’on réalise qu’on est bons », croit Thomas Meloche. Celui-ci mélange les techniques en ajoutant de la neige à ses formes de glace, ce qui peut étonner certains sculpteurs.

L’artiste a l’intention de retourner au symposium chinois l’an prochain.