Embauché à titre de consultant par la mairesse Josée Néron, Étienne Jacques a présenté mercredi la nouvelle mouture du projet d’amphithéâtre aux élus et aux médias.

Une nouvelle version pour l’amphithéâtre

Les consultants Étienne Jacques et Roger Fradette ont présenté la nouvelle version du projet d’amphithéâtre aux élus et aux médias, mercredi. Un centre multifonctionnel de 64,3 millions $, toujours situé sur la zone ferroviaire, le montant incluant une autogare de 350 places et une passerelle reliant les deux. Plus important encore, le projet pourrait se faire à coût nul pour la Ville de Saguenay.

En octobre dernier, la mairesse Josée Néron avait confié le mandat à Étienne Jacques, l’ancien patron de Rio Tinto en Amérique du Nord, d’identifier les meilleurs scénarios et les sources de financement possibles pour le projet. Pour y arriver, il s’est allié les services de l’architecte Roger Fradette.

M. Jacques a donc présenté un amphithéâtre de 4054 places, dont 3622 sièges normaux et 432 sièges de loges et de galerie de presse, qui pourrait être financé entre 67 % et 72 % via différents programmes, pour un montant d’environ 46 M $. La part de Saguenay serait donc de 18,3 M $, un montant qui pourrait toutefois être moindre puisque M. Jacques assure que le centre multifonctionnel et le panneau numérique pourraient porter le nom d’entreprises privées. De plus, tout porte à croire que Rio Tinto serait derrière la passerelle en aluminium, mais il n’a pas été possible d’en obtenir la confirmation.

À cela s’ajoutent les économies liées aux rénovations de 5 M $ rendues nécessaires au pavillon de l’Agriculture, la fin de vie imminente de l’autogare – d’ici 2023 ou avant –, qui nécessite des frais d’entretien de 250 000 $ par année pour le maintenir opérationnel, et des travaux de 20 M $ liés à la vétusté du centre Georges-Vézina et à la mise aux normes exigée par la LHJMQ. De plus, des stationnements payants dans la nouvelle autogare – qui inclurait un toit vert et des bornes de recharges publiques rapides – seraient également parmi les sources de revenus.

« Faire le nouveau centre multifonctionnel, ce n’est pas la fermeture du centre Georges-Vézina. Le bâtiment que l’on veut remplacer et fermer, c’est le pavillon de l’Agriculture. C’est cette glace qu’on veut bonifiée en offrant plus de services en construisant un centre multifonctionnel qui va offrir plus de possibilités culturelles, communautaires, sportives, tout en animant un secteur de la ville qui est névralgique pour son développement futur », a précisé M. Jacques.

Le projet de centre multifonctionnel inclut une autogare de 350 places et le passage du corridor d’écomobilité de la STS. Dans une deuxième phase, le terminus pourrait y déménager (à droite sur le plan).

Le pavillon de l’Agriculture deviendrait donc un entrepôt pour la Ville, un investissement de 300 000 $ pour ajouter des portes.

Mardi, M. Jacques en a fait la présentation à la ministre Andrée Laforest, qui, selon lui, a évalué le plan comme étant acceptable.

Mercredi, le député Richard Martel et Robert Hakim, notamment, ont assisté à la présentation du projet.

STS

Le couloir d’écomobilité de la Société de transport du Saguenay, qui a déjà vu le jour dans le secteur de l’UQAC et du Cégep du Chicoutimi, passerait par le nouveau site où prendrait place une nouvelle station. Cette idée permettrait d’obtenir des subventions supplémentaires, tout comme l’idée d’inclure une exposition permanente autochtone dans le hall d’entrée.

Éventuellement, dans une seconde phase, comme il avait été annoncé dans Le Quotidien mardi, le terminus de la rue Morin pourrait prendre place sur le site de la zone ferroviaire.

Mode de gestion

L’une des idées proposées par Étienne Jacques est de modifier le modèle d’affaires en octroyant la gestion à un OBNL. Selon lui, la société pourrait voir à la mise en œuvre du projet, du montage financier, de la construction et de la gestion pour une période supérieure à 10 ans ou pour la durée de l’emprunt. Il a donné l’exemple de Gatineau, où un OBNL a la responsabilité de construire le Centre 4 glaces et le stationnement de 800 places, étant par la suite responsable de la gestion du centre pendant 25 ans.

Zone inondable

Lors de la présentation, M. Jacques a abordé le sujet des zones inondables, l’une des interrogations soulevées devant l’emplacement du projet, soit sur la zone ferroviaire. Dans le nouveau modèle, tout serait construit sur pilotis, les constructions semi-enfouies et le sous-sol ayant été abandonnés.

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UN ACCUEIL POSITIF... SANS OUBLIER LE SOCCERDÔME

Selon la mairesse de Saguenay, Josée Néron, la réponse est claire : il y a une possibilité de développer un modèle d’affaires pour aller chercher le maximum de subventions afin de faire diminuer la facture pour les citoyens. 

En point de presse après la présentation d’Étienne Jacques, à laquelle elle avait eu droit dans les heures précédentes en compagnie des conseillers, Mme Néron a assuré que le projet avait reçu un bon accueil, même s’il reste des discussions à avoir au sein du conseil.

« Au niveau de notre budget d’exploitation, on doit faire du travail pour aller chercher des revenus supplémentaires. Mais quand on parle de nos projets structurants, si on ne fait que rénover, il n’y a rien au niveau marketing pour aller chercher des revenus supplémentaires pour nous permettre de diminuer les coûts. Alors que si je prends l’opportunité qui est devant moi, soit de me doter d’une infrastructure nouvelle, je viens d’attacher plein de possibilités de financement, de joueurs additionnels qui sont intéressés à se joindre à moi, parce que justement j’ai une infrastructure de qualité qui va permettre à Saguenay de développer de nouveaux créneaux d’activités », a-t-elle mentionné. 

Le président de l’arrondissement de Chicoutimi, Michel Tremblay, y va dans le même sens, précisant que l’amphithéâtre ne représente pas un gain pour Chicoutimi, mais pour l’entièreté de la Ville. Selon lui, les élus ont bien accepté la nouvelle et le travail recommencera la semaine prochaine.

« Ce sont les 15 conseillers et la mairesse qui auront à décider, pas juste les six élus de Chicoutimi. On va tous travailler ensemble, en espérant que nous aurons un consensus et que la population va nous appuyer. Dans la région, nous avons la ministre des Affaires municipales et je pense qu’il faut en profiter. On paye tous des impôts pour des travaux qui se font à l’extérieur de la région. On a rarement la chance d’en profiter et je pense que là c’est notre tour. Il faut prendre ce qui nous est dû », espère M. Tremblay, qui rappelle que Saguenay pourrait régler plusieurs dossiers et se doter d’une nouvelle infrastructure pour le même prix.

Ce dernier, tout comme le président de la commission des sports, Michel Thiffault, espère que le projet de soccerdôme pourra avancer rapidement. « Tout le conseil de ville est entièrement d’accord avec ça », admet-il. 

« Il ne faut pas oublier le projet de soccerdôme. Ce sont deux projets importants, je suis président de la commission des sports, je sais que le Centre Georges-Vézina est en fin de vie. Nous avons une belle opportunité, je le répète. Mais il ne faut pas oublier le soccerdôme, c’est le sport le plus populaire sur la planète, c’est un besoin à Saguenay. Pour moi, c’est une priorité », a rappelé M. Thiffault, qui a apprécié la présentation de M. Jacques.