Le vice-recteur Bernard Garnier, la vice-rectrice à la recherche Eugénie Brouillet, le ministre Geoffrey Kelly, le professeur Jean-Michel Beaudoin et le doyen de la faculté de foresterie Guy Mercier ont annoncé la création de la Chaire de leadership en enseignement en foresterie autochtone.

Une nouvelle chaire bien accueillie

Pour mieux intégrer la vision des autochtones sur les forêts, l'Université Laval crée la Chaire de leadership en enseignement en foresterie autochtone.
Cette idée qui a germé il y a 25 ans dans les murs de la maison d'enseignement se concrétise et c'est à Mashteuiatsh qu'on a procédé à son annonce et expliqué son rôle.
« Nous voulons renforcer les capacités des communautés autochtones à participer à la gestion et au développement durable des forêts et à favoriser une relation durable entre les communautés, les entreprises et les gouvernements », a expliqué le titulaire de la Chaire, Jean-Michel Beaudoin.
Pour y arriver, un cours spécifique sur les réalités autochtones sera offert aux étudiants en génie forestier afin de mieux comprendre les différents enjeux. De plus, ces étudiants pourront suivre un stage en milieu autochtone. La chaire proposera aussi de la formation continue auprès des ingénieurs forestiers qui travaillent actuellement pour des entreprises forestières et va réaliser des projets de recherche.
En parallèle la chaire vise à développer des entrepreneurs forestiers autochtones, favoriser la création d'emplois pour les autochtones en réussissant à réduire les obstacles pour y parvenir. Finalement, rencontrer les employeurs pour bien saisir leur besoin en main-d'oeuvre. « Il y a un défi de formation et d'emploi dans les communautés dont la moitié des personnes ont moins de 30 ans. Il y a beaucoup de sagesse dans nos communautés entourant la forêt et il y a eu un manque de considération de cette sagesse dans le passé. C'est donc important de travailler ensemble pour faire une meilleure foresterie », a signalé le ministre responsable des Affaires autochtones Geoffrey Kelly.
Accueil
Cette chaire est très bien accueillie par les communautés. Plusieurs chefs étaient présents à la conférence de presse pour signifier leur attente face à cette initiative. « La forêt, c'est notre maison, notre église, notre école et notre pharmacie. Il faut avoir le même respect envers les arbres que pour les humains. Dans les années 70, je me suis opposé à ce que les forêts se fassent scalper. Aujourd'hui, je sais qu'une coupe de cheveux, ça fait du bien », a illustré le chef de Mashteuiatsh Clifford Moar.
Rémi Simon de Pessamit espère pour sa part que cette chaire se traduira par une vraie collaboration et une vraie harmonie entre les communautés, le gouvernement et les entreprises forestières.
Finalement, l'industrie se réjouit aussi de la venue de cette chaire. « Nous sommes conscients que les attentes sont élevées, mais l'industrie désirait depuis des années que ça se concrétise et nous sommes prêts à collaborer à la réussite de cette chaire », a indiqué André Tremblay qui réalisait sa dernière sortie publique en tant que président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière.