L'accident avait eu lieu le 6 septembre 2019.
L'accident avait eu lieu le 6 septembre 2019.

Une méthode de travail dangereuse a causé la mort du travailleur de BPDL d’Alma

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Une méthode de travail dangereuse explique la mort d’Antony Compartino, qui oeuvrait comme journalier pour Bétons préfabriqués du Lac, le 6 septembre 2019, à Alma. La CSNESST a publié son rapport, mercredi. Le travailleur n'avait que 17 ans. 

«Le jour de l’accident, M. Compartino se trouvait dans le secteur de la réparation-finition de l’usine de Bétons préfabriqués du Lac à Alma. Sa tâche consistait à appliquer une membrane d’étanchéité sur un panneau de béton de 4,35 m de longueur sur 2 m de hauteur et pesant 3368 kg. Celui-ci reposait debout, sur le sens de la longueur, et était maintenu en place à l’aide de deux tiges en acier placées de chaque côté. À un certain moment, M. Compartino a enlevé une tige, car elle l’empêchait de terminer sa tâche. En raison de sa forme, le panneau ne pouvait tenir en équilibre dans cette position sans la présence de cette tige. Une fois celle-ci retirée, le panneau a donc basculé subitement et a écrasé le travailleur qui se trouvait dans sa trajectoire. Les secours ont été appelés sur les lieux et le décès de M. Compartino a été constaté par les ambulanciers», peut-on lire dans le rapport. 

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident. La première, c’est qu’un panneau de béton de 3 368 kg a écrasé le travailleur après qu’une tige de retenue fut enlevée pour finaliser l’application de la membrane.

La deuxième consiste en la gestion des tâches reliées à la finition des panneaux qui était déficiente, car une méthode de travail dangereuse était utilisée, causant l’écrasement du travailleur.

À la suite de l’accident, la CNESST a ordonné la fermeture du secteur réparation-finition de l’usine et exigé que l’employeur démontre que les panneaux étaient maintenus en place de manière à éviter les basculements. Les travaux de réparation-finition et le déplacement des panneaux ont également été interdits dans ce secteur. Enfin, la CNESST a demandé qu’une méthode de travail sécuritaire soit élaborée et que l’employeur dispense la formation nécessaire à ses travailleurs. L’employeur s’est depuis conformé à ces exigences.

Constat d’infraction

La CNESST a délivré à l’employeur Bétons préfabriqués du Lac un constat d’infraction. Pour ce type d’infractions, le montant de l’amende varie de 17 179 $ à 68 721 $ pour une première offense, et pourrait atteindre 343 607 $ en cas de récidive.