Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a remis la médaille de l’Assemblée nationale à l’architecte Jacques Coutu. Ce dernier pose avec le dessin caractéristique de l’architecte au bas de ses plans.

Une médaille remise à Jacques Coutu

Le député de Jonquière à l’Assemblée nationale, Sylvain Gaudreault, a rendu hommage à l’un de ses concitoyens en remettant la médaille de l’Assemblée nationale à l’architecte Jacques Coutu, pionnier de l’architecture moderniste au Québec qui a conçu de nombreux immeubles publics au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La cérémonie a eu lieu lundi après-midi à l’église Saint-Mathias d’Arvida, un immeuble que M. Coutu a dessiné dans les années 60, en présence de la mairesse de Saguenay, Josée Néron, du conseiller Carl Dufour et de Maude Thériault, représentante de l’Ordre des architectes du Québec, en plus de parents et amis.

Aujourd’hui âgé de 92 ans, M. Coutu a signé les plans du Pavillon principal de l’UQAC, du Palais de justice d’Alma, du Séminaire Marie-Reine du Clergé, à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, de l’église Notre-Dame à La Baie, de l’École Laure-Conan, de l’hippodrome Prévert, pour ne nommer que ceux-là.

Après avoir complété des études à l’École des Beaux-arts pendant six ans, M. Coutu a effectué des séjours au Danemark, en Suède et en Italie avant d’entreprendre sa carrière d’architecte en 1957 lors d’un stage au sein de la firme Desgagné et Boilleau.

Lors de son allocution, M. Gaudreault a déclaré qu’il avait décidé de lui remettre la médaille de l’Assemblée nationale en raison des qualités de l’homme, de l’oeuvre qu’il a accomplie et de ce qu’il représente.

Il a rappelé que le début de carrière de M. Coutu a correspondu avec le début de la Révolution tranquille, la déconfessionnalisation, le rapport Parent, qui allait amorcer une réforme du système d’éducation et de l’expansion des banlieues.

« M. Coutu est à l’origine de plusieurs bâtiments qui ont marqué le territoire. Pensez aux formes audacieuses, à la lumière qui pénètre dans les bâtiments, à l’intégration dans le milieu ainsi que l’utilisation du bois et du béton aux formes modernes, au granit », a décrit le député.

D’ailleurs, le travail de M. Coutu a été souligné pour l’église Saint-Mathias, dont les poutres conçues en Colombie-Britannique sont composées de bois lamelé-collé, cinquante ans avant que cette façon de faire soit dans l’actualité québécoise.

Circuit patrimonial

Au moment où la conservation du patrimoine architectural défraie régulièrement la manchette, M. Gaudreault a profité de la cérémonie pour proposer devant la mairesse Néron la création d’un circuit du patrimoine moderne à Saguenay, un produit d’appel touristique qui pourrait se développer et être promu avec l’apposition d’affiches explicatives décrivant les caractéristiques de chaque immeuble.

La mairesse Néron a remercié M. Coutu pour l’audace dont il a fait preuve à une époque où tout était possible tandis que Mme Thériault a mentionné que la pratique de l’architecture est plus que dessiner.

« Pratiquer l’architecture, c’est avoir une vision de ce qui était avant nous et de ce qui va être après nous, pour nos enfants et nos petits-enfants. »

Prenant la parole à son tour, M. Coutu a déclaré avoir cru à une blague lorsqu’on lui a annoncé qu’on lui remettrait la médaille.

Lors de son allocution, M. Coutu a relaté un rêve d’étudiant aux Beaux-arts qu’il caresse toujours, soit celui de nommer la ville sous Chicoutimi-les-Bains, en raison de la présence des rivières Saguenay, du Moulin et du Bassin qu’il voyait aménager en parc public avec un grand terre-plein gazonné aménagé avec une place publique, le tout avec des vestiaires et toilettes aménagés dans l’ancien Moulin Riverin.

M. Coutu a remercié des collaborateurs comme Jean Amyot, Léon Girard, Jean-Charles Belley, Claude Gravel et bien d’autres avec qui il a eu l’honneur de travailler.