Les étudiants se pratiquent sur le mannequin et comme tout est filmé, ils peuvent par la suite analyser leurs techniques avec leurs collègues et les professeurs.

Une mannequin telle une vraie patiente pour les futures infirmières

Les étudiants en Technique de soins infirmiers du Collège d’Alma apprennent le métier grâce à une nouvelle intervenante inusitée. L’ajout du mannequin intelligent prénommé Suzie, qui a nécessité des investissements de 100 000$, permet d’offrir un portrait réel de ce qui attend les infirmiers en devenir.

Plusieurs établissements d’enseignement collégial se sont dotés de l’outil, qui n’est pas une obligation ministérielle, au cours des dernières années. En plus d’être utilisé en médecine depuis plusieurs années, les études démontrent sa pertinence dans l’apprentissage des soins infirmiers.

« La mannequin Suzie nous apporte une préparation aux stages des étudiants, à ce qui est vécu lors de ces périodes. Cela permet aussi de faire vivre la même situation clinique à tous les élèves », explique l’enseignante en soins infirmiers et coordonnatrice du programme, Marlène Fillion.

Confortablement installée dans un lit qui se retrouve dans une reconstitution de chambre d’hôpital, Suzie est accompagnée d’une salle de contrôle et d’une salle de visionnement. En salle de contrôle, les enseignants peuvent simuler différentes situations et malaises avec la patiente. Arrêt cardiorespiratoire, pneumothorax et baisse de la tension artérielle peuvent être commandés. Les enseignants font parler Suzie qui, comme tous patients, a des questions quant à ce qui lui arrive.

D’ailleurs, pour la petite histoire, les étudiants en Technologies sonores du Collège d’Alma ont permis d’améliorer la voix de la patiente virtuelle. La véracité du mannequin intelligent va aussi loin que la possibilité de sentir son pouls.

Avant chaque simulation, les étudiants prennent connaissance du dossier du patient à traiter. En compagnie des enseignants, ils préparent leur intervention notamment en effectuant de la recherche à travers les différents manuels de formation. La préparation à la simulation nécessite 30 minutes alors que l’intervention avec le mannequin intelligent dure une dizaine de minutes.

Lors du passage du Progrès, deux élèves en première session ont vécu la simulation sous l’objectif de notre photographe. Elles ont très bien performé, selon leur enseignante, et ce, malgré la présence d’un « agent stresseur ».

« Puisque ce n’est pas un vrai patient, on a une chance de se reprendre, de s’améliorer. Les professeurs nous encadrent en nous guidant sur ce qu’on aurait dû mieux faire. Nous sommes mieux préparées devant un vrai patient », témoigne l’étudiante Vanessa Gauthier-Larouche. «On a moins de stress. On travaille avec nos collègues. Après l’intervention, on note ce qu’on a bien fait ou non. On est toujours ensemble et on se comprend dans les situations vécues», ajoute Rosalie Tremblay.

Pendant la simulation d’un duo d’étudiants, le reste du groupe observe dans une salle de visionnement. Celle-ci présente l’image des différentes caméras en plus d’un tableau de bord des signes vitaux de la patiente.

Au terme des simulations, les étudiants accompagnés des enseignants font un retour sur leur activité. Ensemble, ils procèdent à une réécoute des séquences. C’est l’occasion de signaler les bons coups et les possibles améliorations. Ensemble, les étudiants partagent leur expérience et les émotions vécues.

Les possibilités sont infinies pour le programme d’études. Des discussions sont en cours afin d’ajouter de la compagnie à Suzie, soit des mannequins intelligents version bébé et enfant ainsi qu’un défibrillateur compatible avec l’équipement.

« Il faut se garder constamment à la page des nouvelles technologies et façons de faire afin de préparer adéquatement nos finissants aux réalités du marché du travail. Nous avons cette réputation de vraiment axer sur le concret. C’est un bel exemple de ce qu’on peut faire en combinant les technologies et les méthodes d’apprentissage », conclut le conseiller en communication au Collège d’Alma, Frédéric Tremblay.