Instigateur de la vigile, Marcellin Gbazai ne pensait jamais que son événement connaitrait un si grand succès.
Instigateur de la vigile, Marcellin Gbazai ne pensait jamais que son événement connaitrait un si grand succès.

Une manifestation pacifique pour le vivre ensemble à Saguenay

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Inspirées par les manifestations qui rendent hommage à George Floyd partout sur la planète, des centaines de personnes se sont réunies, dimanche soir à la Place du citoyen de Chicoutimi. Marcellin Gbazai, instigateur de la vigile « La vie des Noirs compte », a voulu démontrer avec cet événement que le vivre ensemble régnait à Saguenay et que cette valeur était plus forte que tout.

Selon lui, plus de 300 personnes se sont déplacées dimanche soir, pour venir témoigner de leur soutien envers Georges Floyd, un homme noir de Minneapolis, qui a perdu la vie plus tôt cette semaine après qu’un policier blanc lui ait mis son genou à la gorge pendant de longues minutes. Il a finalement succombé à ses blessures à l’hôpital. Les invités regroupés à l’extérieur gardaient en tout temps un deux mètres de distance. Contrairement à certaines manifestations où la colère est très présente, M. Gbazai voulait organiser un événement pacifique où l’amour serait à l’avant-plan.

Plusieurs personnes ont voulu faire un hommage à George Floyd, à Saguenay.

Les gens présents étaient invités à prendre la parole et à s’exprimer. La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a tenu à dire quelques mots à la foule. « On vous aime, on a besoin de vous, tout le monde que vous êtes, de toutes les couleurs. On aime ça avoir des gens comme vous, qui viennent s’implanter et vivre chez nous », a-t-elle souligné.

L’organisateur ne pensait jamais que son événement connaîtrait un tel succès. « Dans cette région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, j’ai la foi que le vivre ensemble va toujours régner. Je pense que le message est passé », a-t-il continué.

Plusieurs ont laissé des messages, allumer des bougies ou pris la parole pour lui rendre hommage.

Originaire d’Afrique, M. Gbazai a connu, dans les neuf ans depuis qu’il est arrivé ici, certains moments de racisme. C’est pour cette raison qu’il essaie de faire le plus possible de la sensibilisation, afin de mettre fin à l’ignorance. C’est selon lui, ce qui est problématique. « Je vais toujours me battre afin de sensibiliser les gens qu’il n’y a rien de tel que le vivre ensemble, l’amour est plus fort que tout », a-t-il laissé tomber.

Après la popularité de l’événement de dimanche soir, l’homme entrevoit la possibilité d’organiser d’autres soirées, puisque plusieurs lui ont avoué que cela leur avait fait du bien de prendre ce moment ensemble. Il pense qu’il serait possible de le faire dans les prochaines semaines ou les prochains mois.