Malgré la légère hausse du nombre d'heures pour les travailleurs de la construction, selon les prévisions de la CCQ, le secteur résidentiel pourrait ne pas échapper à la tendance à la baisse.

Une légère hausse après la dégringolade

Les travailleurs de la construction du Saguenay-Lac-Saint-Jean devraient connaître une légère croissance de 1,1 % du volume de travail en 2017. L'an dernier, ils avaient subi une dégringolade de 6,4 % des heures travaillées.
La région figure dans la courte liste des régions du Québec qui devraient connaître une croissance des heures travaillées avec l'Abitibi-Témiscamingue (11,9 %) et l'Estrie (2,1 %).
Comme c'est le cas chaque début d'année, la Commission de la construction du Québec (CCQ) a publié le bilan de l'activité annuelle sur les chantiers qui fait état de 141,1 millions d'heures travaillées au Québec, un recul qualifié de modéré qui fait suite à trois années consécutives de baisse. Le niveau des heures travaillées en 2016 se situe en dessous de la moyenne des dix dernières années qui totalise 143,3 millions d'heures.
L'analyse effectuée par secteurs révèle que le projet de construction des postes et de la ligne Chamouchouane-Bout-de-l'île, piloté par Hydro-Québec, dont une partie se situe dans la région, constitue la planche de salut puisque les travaux devraient s'intensifier en 2017. Outre le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Mauricie, les Bois-Francs et le Grand Montréal bénéficient du projet de 1,2 milliard $. Par contre, le ralentissement graduel des activités de construction du Complexe La Romaine jusqu'en 2020, sur la Basse-Côte-Nord, fera sentir ses effets sur la région.
La construction dans le secteur industriel s'annonce peu encourageante cette année avec la fin des travaux de la cimenterie McInnis, à Port-Daniel, et de la mine de diamants de Stornoway. La faiblesse des prix dans les ressources naturelles perdure et ce secteur devrait piquer de 10,1 % avec un total de 9,5 millions d'heures. Il s'agit du deuxième plus faible plancher historique atteint depuis 1994 qui était de neuf millions d'heures.
Le secteur résidentiel n'échappe pas à la baisse puisqu'après un déclin de 3 % des heures travaillées en 2016, le volume devrait continuer à décroître avec 33 600 unités de logement comparativement à 38 935 en 2016. Le nombre d'heures travaillées devrait passer de 26,3 millions d'heures à 24 millions en 2017. L'imposition par le gouvernement fédéral de nouvelles règles plus sévères pour le financement hypothécaire devrait produire les effets escomptés.
L'année 2017 devrait être marquée par la mise en place d'un nouveau bassin de main-d'oeuvre avec la création de la région du Nunavik qui s'étend au nord du 55e parallèle. Ce changement met en oeuvre des règles de priorité d'embauche pour les Inuits de la région en premier lieu, pour les autres travailleurs de la région ensuite, et enfin pour les travailleurs des autres régions. En juin, la région Nunavik sera officiellement créée. Environ 150 travailleurs y ont leur résidence.