Une Jeannoise derrière Assassin’s Creed Origins

Le lancement du jeu vidéo Assassin’s Creed Origins d’Ubisoft fait la fierté de Virginie Cinq-Mars, une jeune femme originaire de Sainte-Hedwidge au Lac-Saint-Jean. Depuis 15 ans, elle participe activement au développement du produit vendu jusqu’à maintenant à 110 millions d’exemplaires dans ses différentes versions.

Supporté par des équipes qui, comme elle, oeuvrent à titre d’éclairagiste virtuelle, le travail de Mme Cinq-Mars consiste à imprégner aux personnages et paysages de toutes sortes des atmosphères par l’utilisation de la lumière virtuelle afin de se rapprocher le plus possible du monde réel.

Lorsqu’elle a entrepris ses études de littérature française et d’histoire de l’art à l’Université Laval, Mme Cinq-Mars ne se doutait pas qu’un jour elle allait pratiquer un métier qui, à l’époque, n’existait pas. Ses études en jeux vidéo au Centre national d’animation et de design (NAD) rattaché à l’UQAC sont venues modifier son plan de carrière. «Je suis arrivée chez Ubisoft en mai 2006 sur la franchise Rainbow 6 Vegas. «J’ai débuté ma carrière en éclairage pour la télé, sur de courts métrages. J’ai fait ça un an et par la suite, j’ai travaillé au département des cinématiques pour la production de bandes-annonces pour les jeux d’Ubisoft, dont Assassin’s Creed Origins.»

Le mélange d’images filmées avec des acteurs réels et des décors virtuels constituait alors une innovation. Sa carrière s’est poursuivie du côté d’Hollywood où elle a fréquenté de grands acteurs pour le tournage du premier film après quoi elle est retournée à la production d’Assassin’s Creed Origins où elle a planché pendant quatre ans.

Pour elle, le travail constitue une véritable passion. «Je cherchais à faire un travail avec un côté artistique très fort. J’aime travailler en équipe. Nous sommes d’énormes équipes. Au total, 400 personnes ont travaillé sur Origins».

Originaire de Sainte-Hedwidge, Virgine Cinq-Mars, fille de Robert Cinq-Mars et de Gisèle Otis, a travaillé quatre ans sur la dernière version d’Assassin’s Creed Origins.

Parmi les difficultés rencontrées, elle mentionne que pour la première fois, les techniciens ont eu à représenter virtuellement un pays complet, soit l’Égypte antique. «Il nous faut travailler sur des couleurs spéciales pour représenter le plus fidèlement possible l’humidité, la végétation, la chaleur du désert, la poussière.»

Pour atteindre l’objectif, le producteur de jeux a dû recourir aux connaissances d’une multitude de sources comme des égyptologues, des photos satellites provenant de la NASA servant à illustrer les diverses catégories de sols égyptiens, etc. 

Le travail l’amène à voyager dans de nombreux pays comme la France, l’Italie et l’Angleterre pour y diriger et donner de la formation à des équipes à l’international.

Ubisoft à Saguenay

Invitée à commenter l’implantation par Ubisoft d’un studio à Saguenay en janvier 2018, Mme Cinq-Mars s’est dite très fière de cette annonce. «J’étais très contente que ma région ait été choisie. Pour les jeunes, ça peut représenter une perspective intéressante. Pour les plus vieux comme moi (40 ans), ça donne l’opportunité de revenir en région. »

Mme Cinq-Mars précise que les Bleuets sont bien présents parmi les employés d’Ubisoft à en juger par la découverte de l’accent régional lors des réunions de travail!