Une immense pyramide de polystyrène sous la route 138

Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Les touristes et voyageurs circulant sur la route 138, dans le secteur des Grandes-Bergeronnes, ont pu remarquer ces jours-ci la présence d’immenses pyramides de polystyrène aménagées sur le chantier de réfection de la côte Arsène-Gagnon, effectuée pour le compte du ministère des Transports du Québec.

Les entrepreneurs généraux Excavation de Chicoutimi et Grandmont et fils procèdent actuellement à l’installation d’environ 150 000 blocs de polystyrène utilisés pour l’aménagement de trois remblais légers. Ces blocs représentent un volume de 65 000 mètres cubes et sont répartis dans trois remblais. Le plus important remblai représente à lui seul un volume d’environ 50 000 mètres cubes. Les blocs de polystyrène sont empilés sur 18 rangées en hauteur, soit près de 11 mètres de haut, explique Sarah Gaudreault, porte-parole du ministère des Transports pour la région de la Côte-Nord.

L’utilisation de blocs de polystyrène permet de stabiliser les routes dans des sites argileux comme celui de la côte Arsène-Gagnon.

La porte-parole explique que cette technique inhabituelle a été mise en application afin d’éviter le transport et l’utilisation de matériaux granulaires sur trois sites dans un milieu particulièrement argileux. « Toute la côte Arsène-Gagnon est composée d’argile et d’un sol mou. Le polystyrène est installé sous la future route et recouvert d’une membrane imperméable, le tout solidifié par une dalle de béton recouverte d’asphalte. Ça permet à la route de moins bouger et de moins s’affaisser », explique Mme Gaudreault.

Le polystyrène possède plusieurs propriétés intéressantes pour l’aménagement de routes et remblais, en raison de ses qualités isolantes, sa grande résistance aux variations de température, à la tension et à la compression. Cette méthode, plutôt rare, est nécessaire pour diminuer le poids de la route sur les sols argileux. Cela permet d’éviter le tassement du sol qui, autrement, serait apparu quelques années après la mise en service de la route.

Une pyramide formée de milliers de blocs de polystyrène occupera un volume total de 65 000 mètres cubes sous la côte Arsène-Gagnon, près des Bergeronnes.

Les travaux de génie civil s’étalent sur une distance de 5,6 kilomètres. Ils permettront de diminuer et uniformiser l’inclinaison de la côte sur 1,4 km et d’aménager des voies pour véhicules lents dans les deux directions sur 2,5 km afin de réduire la formation de convois. Des brise-vent aménagés sur trois sections totalisant 1230 mètres le long du lac Gobeil diminueront l’effet du vent sur la route.

Le projet inclut la construction d’un nouveau pont sur le ruisseau Gagnon, l’installation d’un ponceau préfabriqué à la décharge du lac Gobeil ainsi que 38 autres installations du même type.

La circulation sur la 138, dans le secteur du lac Gobeil, devrait être grandement améliorée lorsque les travaux seront terminés à l’automne 2021.

Le MTQ réalise un investissement de 80 M$ sur cette section de route, échelonné sur quatre ans.

Les travaux ont débuté le 4 septembre 2018 et doivent se terminer en 2021. Ils s’inscrivent dans le cadre d’un plan stratégique d’intervention sur la route 138 entre Tadoussac et Les Bergeronnes mis en place depuis 1997. Parmi les projets réalisés, on retrouve le projet de l’est de la côte de Tadoussac, celui de l’intersection des routes 138 et 172, celui entre les lacs Guillaume et Long, ainsi qu’entre les lacs Long et Gobeil.