Une hausse de taxe pas attribuable à Rio Tinto

La ville de Saguenay a tout mis en œuvre, jeudi, pour expliquer que l’augmentation de taxe déjà évoquée de l’ordre de 2 % pour la prochaine année n’est pas attribuable en tout ou en partie à la contestation de taxe de la multinationale Rio Tinto, qui a obtenu une diminution de la valeur de ses immeubles de l’ordre de 20 %.

Le président du comité des finances de la Ville, le conseiller Michel Potvin, a expliqué qu’il y avait bien eu des projections faisant état de cette hausse de taxe possible, mais que le budget n’était toujours pas adopté et que la Ville avait différentes options. Quant à la valeur des immeubles de Rio Tinto, le conseiller affirme que le dossier a été traité comme le stipule la loi.

« Puisque ce sont des occupants uniques, il n’y a pas de contestation comme c’est le cas pour les résidences. Ce sont des discussions avec l’évaluateur de la Ville qui permettent d’en arriver à fixer une nouvelle valeur », insiste le conseiller.

Rio Tinto, à la lumière des informations dévoilées par la Ville depuis hier matin, avait signifié son intention de contester la valeur de ses installations. C’est ainsi que le service d’évaluation de la Ville a accepté les arguments de la multinationale, lesquels ont permis de diminuer la valeur des sites industriels de La Baie et Laterrière, avec une légère hausse à Jonquière.

Le conseiller municipal a voulu ramener les choses dans leur contexte en soutenant que, nonobstant cette baisse au rôle d’évaluation, Rio Tinto était toujours le plus important contribuable de Saguenay avec une facture de taxe de 31,5 M$.

« Ils payent ce montant et ne demandent aucun service ou pratiquement rien », évoque le président du comité des finances.

Quant à l’impact de la baisse de valeur des immeubles industriels pour la facture des contribuables, Michel Potvin assure qu’il peut y avoir d’autres décisions d’ici l’adoption du budget. La Ville a la possibilité de réaliser des compressions ou de poursuivre la politique du « pelletage en avant », comme le faisait l’administration Tremblay en utilisant des règlements d’emprunt pour financer les opérations quotidiennes.

La Ville a aussi la possibilité de jouer sur le taux de taxe pour les entreprises et le secteur commercial. Cette solution risque de mettre en colère les propriétaires de PME qui ont toujours sur le cœur la hausse décrétée par l’administration Tremblay. Michel Potvin est demeuré très prudent à ce sujet.

La Ville d’Alma a de son côté fonctionné pendant 15 ans avec un pacte fiscal pour l’aluminerie d’Alma. Le pacte avait été souhaité par la Ville et l’entreprise lors de la mise en service de la nouvelle aluminerie. Aujourd’hui, l’usine d’Alma a une valeur de 434,5 M$. L’entreprise doit payer une facture annuelle de 19,1 M$ pour un taux de taxe industrielle de l’ordre de 2,3399 $ du 100 $ d’évaluation.