Les chauffeurs de taxi entreprennent leurs protestations à partir de mardi.

Une grève rotative déclenchée dans l'industrie du taxi

La colère persiste chez les chauffeurs de taxi. L’industrie régionale participera aux grèves rotatives qui ont lieu à la grandeur du Québec. Dès mardi, les chauffeurs d’Alma n’effectueront que les services essentiels entre 9 et 11 h, se joignant à un mouvement qui aura des répercussions dans une quinzaine de villes de la province.

La grève se déplacera à La Baie mercredi, puis à Chicoutimi et à Jonquière jeudi. Le cycle de ces arrêts de travail pourrait se poursuivre tout au long du mois de septembre.

Le président de Taxi Diamond Jonquière, Roger Bérubé, explique que trois dates supplémentaires sont déjà déterminées pour le débrayage à Saguenay. Contrairement aux grèves qui ont eu lieu le printemps dernier, celles qui sont prévues dans les prochains jours ne dureront qu’une courte période de la journée, en dehors des heures de pointe. « On va arrêter d’offrir le service d’une durée entre deux à quatre heures par jour. Le transport médical et scolaire ne sera pas affecté », précise M. Bérubé en entrevue avec Le Quotidien.

Projet de loi 17

Les nouvelles manifestations des chauffeurs de taxi coïncident avec la poursuite de l’étude détaillée des articles du projet de loi 17, qui vise à réformer l’industrie du taxi, mettant notamment fin à l’existence des permis, par la Commission des transports et de l’environnement à Québec. Ces travaux parlementaires, débutés en juin puis arrêtés pour la période des vacances, ont recommencé la semaine dernière.

Alma, La Baie, Chicoutimi et Jonquière seront touchées par ce mouvement de grève.

L’étude du projet de loi n’avance va pas vite, selon les dires de M. Bérubé. « Il y a 275 articles à étudier, et on est seulement rendus au neuvième. On présume que le ministre [François] Bonnardel veut avoir terminé en même temps que le projet pilote d’Uber », affirme-t-il.

Des représentants de l’industrie régionale du taxi seront d’ailleurs à Québec cette semaine participer à l’étude du projet de loi. En plus de Roger Bérubé, on pourra y entendre Carolle Dallaire, la propriétaire de Taxi 2151, une entreprise de La Baie.

Compensations

Les propriétaires de permis de taxi sont insatisfaits de l’indemnisation comprise dans la réforme du gouvernement du Québec. Celle-ci s’élève à 814 millions de dollars, dont 250 M $ versés en 2018 aux titulaires de permis, 250 M $ annoncés en mars dernier, 270 M $ sous la forme d’une redevance perçue à chaque course, et 44 M $ offerts à l’industrie pour se moderniser, provenant des redevances payées par Uber depuis 2017.

Les chauffeurs de taxi réclament plus de 1,3 milliard $ en dédommagement pour la perte de valeur de leur permis et leur rachat à la suite de l’arrivée de l’entreprise Uber dans le marché québécois.

« On veut une compensation qui soit équivalente à la valeur de nos permis en 2014 », précise Roger Bérubé. 

AVEC PRESSE CANADIENNE