La société technique Oronos compte une trentaine de membres actifs, dont la Robervaloise Hélène Papillon-Laroche, qui est tout à gauche dans la première rangée sur la photo.

Une fusée avec du génie de Bleuets

Des étudiants en aérospatiale de Polytechnique Montréal se sont à nouveau distingués cet été grâce à la conception d’une fusée hybride qui a remporté le 1er prix d’une compétition prestigieuse aux États-Unis. Parmi la trentaine de passionnés, deux jeunes femmes du Saguenay–Lac-Saint-Jean mettent leur génie à profit depuis quelques années pour permettre à ces engins de toucher le ciel.

La société technique Oronos de Polytechnique rassemble des étudiants en aérospatiale qui conçoivent, chaque année, quelques fusées qui sont lancées dans le cadre de concours nord-américains. Le concept de propulsion hybride développé en 2018 par les membres d’Oronos et amélioré cette année a remis l’équipe sur la plus haute marche du podium à l’issue de la Spaceport America Cup, qui se tenait du 18 au 22 juin, dans le désert du Nouveau-Mexique.

Le lancement de la fusée Atlas, le 20 juin, a valu la première place à l’équipe d’Oronos à la Spaceport America Cup 2019, au Nouveau-Mexique.

La fusée Atlas, qui peut atteindre une vitesse de plus de 741 km/h, a remporté la palme dans la catégorie 10 000 pieds. L’objectif de la compétition était de propulser une fusée munie d’une charge scientifique le plus près possible de l’altitude simulée, soit 10 000 pieds.

Membre du département de propulsion depuis 2015, la Robervaloise Hélène Papillon-Laroche a travaillé près de 150 heures sur le groupe moteur au cours de la dernière année, et ce, en dehors des heures de cours.

Photo courtoisie, oronos

« Cette année, je me suis concentrée sur la conception du parachute. Dans ce projet, l’important, c’est d’accomplir ses tâches, et pas seulement le temps qu’on y met », explique celle qui a étudié au Cégep de Saint-Félicien.

Plus simple qu’on le pense

À 23 ans, Mme Papillon-Laroche ne sait toujours pas si elle se dirigera vers un emploi en aéronautique, en aérospatiale ou dans une autre branche de génie mécanique.

Photo courtoisie, oronos

Elle estime que malgré le niveau d’expertise élevé nécessaire pour faire voler une fusée, le principe de base n’est pas si sorcier. « On n’a pas besoin d’être ingénieur pour faire un moteur de fusée. C’est exigeant, bien sûr, mais, par exemple, lors des compétitions, on utilise normalement de la poudre noire. Notre moteur hybride utilise plutôt de la paraffine, comme une chandelle, et du NOS (nitro), comme on voit dans les films de voitures. Le mélange qu’on obtient est allumé grâce à une étincelle, et c’est ce qui nous donne une propulsion », explique celle qui compte entamer une maîtrise en aérodynamique à Polytechnique en janvier prochain.

Outre Hélène Papillon-Laroche, une autre femme de la région, la Jonquiéroise Marianne Perron, est impliquée dans le projet Oronos depuis trois ans. Celle-ci est présentement à l’extérieur du pays et n’a pas été en mesure de répondre aux questions du Quotidien aux fins de ce reportage.

Photo courtoisie, oronos

Les membres d’Oronos ont un palmarès des plus prestigieux en matière de concours. À part la première place décrochée en juin, ils avaient aussi accompli un exploit semblable à trois reprises, de 2012 à 2014.

Photo courtoisie, oronos