Sébastien Renaud, Fred McKenzie et Marc-André Racine annoncent l'adaptation du programme Protection et exploitation du territoire faunique pour une clientèle autochonte. Le DEP sera offert sur la Côte-Nord à compter du 13 septembre.

Une formation à saveur autochtone

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay exporte son programme de formation professionnelle Protection et exploitation du territoire faunique (PETF) sur la Côte-Nord. La formation, offerte à compter de septembre, a été adaptée à la clientèle autochtone et est fortement axée sur l'histoire et la culture des Premières Nations.
Le projet représente une première au Québec. Il est né du désir des Innus de la Côte-Nord de bénéficier d'un programme taillé sur mesure pour eux. PETF forme de futurs guides de chasse et de pêche et des agents de la faune. Si la formation de 10 mois peut être dispensée à Sept-Îles, c'est parce que plusieurs partenaires se sont unis pour rendre le tout possible. La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, la Société du plan nord, Emploi-Québec, le ministère de l'Éducation, le Centre régional d'éducation des adultes (CRÉA) de la Côte-Nord et le conseil de bande de Uashat-Maliotenam ont tous mis l'épaule à la roue.
Comme l'illustre Sébastien Renaud, de la direction générale de la commission scolaire, il est ici question de la structure qui s'adapte à la culture. Plusieurs modules taillés sur mesure pour la clientèle amérindienne ont été élaborés. La formation inclura des sorties en forêt, de même que des volets axés sur la cuisine traditionnelle, les plantes médicinales et le secourisme en région sauvage éloignée. Des aînés de Uashat-Maliotenam seront invités à venir transmettre leurs connaissances aux étudiants au sujet de leurs terres ancestrales ou de leurs coutumes. Les contes et légendes occuperont aussi une place de choix.
«L'adaptation du programme a nécessité un an de travail. Le milieu avait besoin d'un programme comme PETF et il le demandait. Nous avons 13 places disponibles pour la première cohorte et déjà, nous avons reçu 50 inscriptions», explique Sébastien Renaud.
L'affaire de deux hommes
La réussite du volet Premières Nations de Protection et exploitation du territoire faunique repose sur les épaules de deux hommes, un Québécois et un Amérindien, pour qui la faune québécoise et la culture autochtone n'ont plus de secrets. Marc-André Racine, enseignant en PETF à La Baie depuis dix ans, connaît le programme sur le bout de ses doigts. Il a fait le choix de s'exiler temporairement sur la Côte-Nord.
Il évoluera aux côtés de Fred McKenzie, membre de la communauté de Maliotenam et fin connaisseur de sa nation.
«Pour la première fois, le système s'adapte à nous. C'est comme si on régularisait la situation. Les jeunes autochtones ont oublié leur culture et ont perdu leur sentiment d'appartenance. On va leur redonner leur fierté. On ne va pas seulement parler du territoire, on va le découvrir, le cuisiner et le sentir. On va transmettre le savoir-faire des premières nations en montrant comment fumer le poisson, dépecer et apprêter la viande», cite Fred McKenzie.
Des expéditions auront lieu pendant chacune des saisons. Des randonnées de canot et l'érection de campements traditionnels sont à prévoir. D'ailleurs, Marc-André Racine a eu un avant-goût de ce type d'aventure, lui qui s'est installé plus tôt dans son nouveau milieu de vie, histoire de s'imbiber de l'atmosphère nord-côtoise et de la culture autochtone. Cette mise en bouche lui a donné l'assurance qu'il a fait le bon choix.
«J'y ai pensé et j'ai décidé d'y aller. Ce sera une expérience très enrichissante pour moi au plan personnel, mais ça me permettra aussi d'améliorer le programme qu'on offre ici dans la région», a-t-il signifié. Le projet-pilote nécessite un investissement de 900 000$.