Une forêt d'éoliennes pousse

Une véritable forêt d'éoliennes est en train de pousser dans la Réserve faunique des Laurentides. Vingt-sept de ces engins géants se dessinent dans le ciel afin de produire, le 1er décembre prochain, une énergie propre destinée au réseau d'Hydro-Québec. Au final, ce sont 175 éoliennes qui seront érigées, produisant un total de 350 MW.
À l'occasion d'une visite sur le terrain effectuée hier matin en compagnie de David Gallagher, directeur de projets-réalisation chez EDF Énergies nouvelles, et André Lagacé, superviseur de chantier, Le Quotidien a pu constater que le chantier atteint présentement sa période de pointe. Un total de 491 travailleurs toutes catégories sont disséminés sur les 180 km carrés du chantier. La majorité de la main-d'oeuvre (323) oeuvre pour Construction Énergies nouvelles.
Invité à dresser un portrait de l'avancement des travaux, M. Gallagher mentionne que 50 % des travaux civils sont terminés. «Sur 175 fondations de béton, 80 sont complétées. Plus de la moitié des chemins sont terminés sur un total de 160 km. Nous avons accès présentement à 140 km, mais tous ne sont pas finalisés.»
Afin de transporter des nacelles d'éoliennes de 80 tonnes et des palles de 80 mètres de longueur sans encombre, une planification particulière a été réalisée au niveau des rayons de courbure de la route ainsi que de sa surface qui ne peut avoir plus de six pouces de dénivellation par 50 pieds de longueur, une pente très douce. «Ce n'est pas compliqué, on construit des autoroutes en pleine forêt sans pavement», affirme le directeur de projet.
Parmi les principales difficultés rencontrées sur ce chantier, M. Gallagher affirme que les conditions de sol sont très particulières en raison de la présence du roc très dur du Bouclier canadien. Cette caractéristique a fait en sorte qu'en date de mardi, un total de 300 coups de dynamitage ont dû être effectués pour la coulée du béton et l'enfouissement du réseau électrique collecteur en sous-terrain.
M. Lagacé explique que l'autre défi important est la coordination des mouvements de machinerie sur le chantier puisque, présentement, la cadence de livraison est de six éoliennes par semaine. Un convoi routier individuel est nécessaire pour le transport de chacune des trois sections de tour, la nacelle, les trois palles et le moyeu. Compte tenu de la présence sur le chantier d'une centaine de grues, pelles mécaniques, bétonnières, nivelleuses, bulldozers, etc., une grande coordination est nécessaire afin d'assurer la sécurité de tous. Soulignons au passage que la coulée d'une seule base nécessite de 45 à 50 voyages de bétonnières à partir de l'usine aménagée sur place.
Étape importante
Le 12 août prochain marquera une étape importante pour le chantier puisque c'est à cette date que la sous-station électrique aménagée au coût de 10 M$ sera connectée au réseau d'Hydro-Québec, ce qui permettra d'alimenter le chantier en énergie sans recourir à une kyrielle de génératrices. Lorsque le parc éolien entrera partiellement en production le 1er décembre, la sous-station aura pour fonction d'augmenter la tension de l'électricité produite par les éoliennes de 35.5 kV à 345 kV pour l'acheminer sur le réseau au moyen de la nouvelle ligne d'une longueur de 14 km visible depuis la route 175.