Les soupes populaires de la région invitent la population à donner à la guignolée virtuelle.
Les soupes populaires de la région invitent la population à donner à la guignolée virtuelle.

Une fin d’année différente pour les comptoirs et banque d’aide alimentaire

Katherine Boulianne
Katherine Boulianne
Le Quotidien
À l’heure où bien des campagnes de financement pour les comptoirs et banques d’aide alimentaire se mettent en marche, la situation risque d’être bien différente cette année. Les récents mois ont façonné une tout autre réalité pour les organismes à but non lucratif (OBNL) qui viennent en aide à la population dans le besoin.

Le premier changement marquant vient de la clientèle, dont le visage n’est pas le même cette année. À la Moisson d’Alma, de plus en plus de personnes font appel à l’organisation parce qu’elles nécessitent une aide temporaire pour traverser la tempête.

«Avec la pandémie, j’ai beaucoup de gens qui n’avaient jamais eu besoin d’aide alimentaire auparavant, qui avaient toujours travaillé et pour qui ça avait toujours bien été. Ils se retrouvent maintenant sans emploi, ou avec des revenus qui ont vraiment diminué. C’est une clientèle qui n’avait jamais vécu ça et qui doit maintenant demander de l’aide pour trois ou quatre mois», explique la coordonnatrice de la Moisson d’Alma, Annie-Claude Tremblay.

La coordonnatrice de la Moisson d’Alma, Annie-Claude Tremblay.

Du côté de la Marmite Fumante d’Alma, qui sert entre 10 000 et 12 000 repas annuellement, c’est plutôt le phénomène inverse qui se produit. Selon le président de l’organisation, Réjean Couture, l’organisme continue de soutenir le même type de population vulnérable. Elle est toutefois moins nombreuse.

«La plupart des soupes populaires ont dénoté une diminution de la clientèle dans les derniers mois. Est-ce que c’est causé par la crainte de la COVID, ou est-ce que c’est causé par le fait que certains ont eu droit à la PCU (prestation canadienne d’urgence)? Il y a différents éléments, c’est difficile à expliquer.»

Afin de mieux s’adapter à la deuxième vague cet automne, l’organisme a tenté d’offrir le service de repas pour emporter en octobre dernier, mais est rapidement revenu à sa formule traditionnelle en salle à manger. «Les gens sont très contents. Ils sont à la chaleur pour manger un bon repas, ils peuvent discuter ensemble, échanger... On a mis de la musique et on a mis ça le plus accueillant possible.»

solliciter autrement

Le contexte actuel modifie également la façon de recueillir des dons pour ces OBNL dont la survie en dépend. L’ensemble des façons de faire habituelles a dû être revu afin de rejoindre différemment les donateurs.

Pour les soupes populaires de la région, le défi sera de taille en 2020 puisque leur principale source de revenus, la Guignolée des médias, ne se tiendra pas dans les rues. L’événement sera plutôt virtuel, et s’étendra jusqu’au 24 décembre. La Marmite Fumante garde le cap malgré tout. «Nous avons décidé de conserver le même objectif que prévu, soit 27 000$. On invite les gens à donner sur le guignolee.ca. Des invitations à souscrire à la Marmite Fumante sont aussi envoyées personnellement, en plus de la campagne de financement auprès des entreprises qui débutera le 30 novembre», ajoute M. Couture.

Même difficulté pour la Moisson, qui a dû se priver un certain temps de sa principale source de nourriture en raison de la pandémie. « On récupère les invendus des épiciers, qui sont nos principaux fournisseurs. Il y a eu une période en mars, avril et mai, où les épiceries se vidaient tellement que nous n’avions pratiquement pas de denrées. Nous avons donc un petit retard à rattraper de ce côté-là», raconte Annie-Claude Tremblay.

La Moisson d’Alma doit revoir ses façons de faire pour regarnir ses tablettes.

L'organisme doit aussi se renouveler en cette fin d’année pour regarnir les tablettes, alors que les restrictions sanitaires l’empêcheront de solliciter les gens directement dans les commerces. Une campagne de dons a donc été mise en place, en collaboration avec Cogeco. Le «Défi de générosité», inspiré du thème des superhéros, incite la population à faire des dons individuels ou d’entreprise, et à partager ensuite le tout sur les médias sociaux.

La coordonnatrice de la Moisson d’Alma lance également l’invitation à participer à la collecte du 13 décembre prochain. «Lors du Jogging du père Noël, il y aura différents points de chute pour que la population dépose ses denrées dans tous les secteurs. Argent ou denrées, c’est toujours bien apprécié. Un complète l’autre», conclut la coordonnatrice.