La femelle orignal aurait été pourchassée par des motoneigistes.

Une femelle orignal morte à bout de souffle?

Une femelle orignal a été retrouvée inerte en bordure du sentier de motoneige 93, dans le secteur Ferland-et-Boilleau, lundi. Selon le motoneigiste qui a retrouvé la bête (voir autre texte), des individus auraient pourchassé l'animal sur un peu plus de deux kilomètres avant qu'elle ne meure après tant d'efforts.
Des photos ont été publiées sur Facebook et des centaines d'internautes en grogne ont partagé la publication. Un signalement a été enregistré sur la ligne SOS Braconnage. 
«Peu importe le type d'animal, il est interdit par la loi de pourchasser ou de déranger un animal sauvage. Le ou les fautifs risquent une amende de 1825 $», rappelle Frédéric Sheehy, agent de protection de la faune au bureau régional à Jonquière. L'enquête est en cours pour déterminer ce qui s'est passé. On demande aux internautes d'ouvrir l'oeil si des photos ou vidéos d'orignal, qui pourraient être reliés à cet événement, sont publiées sur les réseaux sociaux. 
«Nous allons interroger les résidants des chalets autour pour essayer de comprendre ce qui a bien pu se passer», poursuit monsieur Sheehy. 
Le principal témoin étant un chasseur, il a ramené l'animal à son chalet pour l'arranger et sauver la viande afin qu'elle soit comestible. Comme l'orignal fait partie des animaux à déclaration obligatoire, un agent de protection de la faune ira chercher le gibier dans les prochains jours. Ce dernier prendra une décision quant au sort de la carcasse de l'animal. Si la viande est comestible, elle sera remise à un organisme communautaire, tel que la Soupe populaire. L'enquête permettra de déterminer si on a affaire à un acte de braconnage, un accident ou à un animal malade.
Motoneigistes sensibilisés 
Ce n'est pas tous les motoneigistes qui font preuve de négligence en forêt. Selon François Boudreault, un motoneigiste du Saguenay qui parcourt la région en hors-piste, il faut être chanceux pour voir des bêtes. 
Depuis 2013, François Boudreault a des milliers de kilomètres de hors-piste à son actif. Dans le cadre de défis personnels, de rallyes et de challenges, il a croisé la route de quelques orignaux, un lynx et principalement des lièvres et des perdrix. Il y a deux semaines, pendant une excursion hors piste vers Chibougamau, il a aperçu deux orignaux, en pleine nuit, qui couraient devant lui. «On s'est immédiatement arrêtés, si bien qu'on est resté pris. Le temps de se déprendre, les animaux s'étaient enfuis», relate François Boudreault. Son réflexe est de gérer le moment et non de se lancer dans les photos. Selon ses observations, il arrive que les orignaux empruntent les sentiers de motoneiges pour se déplacer sur une surface plus solide. 
«On est toujours prudents quand on en voit, on ralentit pour les laisser partir dans le bois, parce que je me dis qu'il y a aussi un risque qu'ils chargent sur nous», poursuit-il. 
Bien qu'il rêve un jour d'arriver sur un troupeau de caribous, M. Boudreault avoue qu'il se ferait discret. «Rendus loin dans le bois, on n'est pas chez nous. L'animal est chez lui», conclut le motoneigiste. 
Les agents de la faune rappellent qu'en hiver, les orignaux sont plus vulnérables. Le mot d'ordre est donc le respect.