Une facture de 11,6M$ contestée

Les élus jeannois demandent au gouvernement de modifier la classification du lac Saint-Jean pour « lac sous surveillance » au lieu de « lac préoccupant ». Un titre qui éviterait aux municipalités de Roberval, Saint-Henri-de-Taillon, Desbiens, Métabetchouan-Lac-à-la-Croix et Saint-Gédéon d’investir 11,6 millions $ dans leur système d’épuration des eaux.

Dans sa nouvelle politique environnementale, qui vise à lutter contre la prolifération des algues bleu vert, le gouvernement oblige les municipalités dont l’émissaire de l’usine de traitement d’eaux se rejette dans le lac Saint-Jean à respecter la nouvelle norme maximale de concentration en phosphore de 0,3 mg/l. Cette norme était jusqu’à tout récemment de 0,5 mg/l. 

En vue de se conformer, les municipalités jeannoises touchées ont mandaté une firme pour évaluer les travaux nécessaires et le taux de phosphore rejeté. Il en coûterait 11,6 millions $ pour améliorer les systèmes, mais l’impact sur la concentration de phosphore dans le plan d’eau serait minime. 

«  Si on fait les travaux de 11,6 millions $ demandés par le gouvernement, on réduirait notre apport de phosphore dans le lac de 0,44 %. Il apparaît évidemment préférable de ne pas investir une somme aussi importante pour des résultats aussi modestes en terme de gains environnementaux  », plaide le maire de Saint-Henri-de-Taillon et préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, André Paradis. 

«  Notre rapport a été donné au ministre et au premier ministre. Mais malgré nos points, ils maintiennent leur ligne  », ajoute-t-il. 

C’est pour cette raison que les municipalités concernées, en collaboration avec la MRC, réclament le changement de statut du lac Saint-Jean pour « lac sous surveillance ». Ce changement permet un assouplissement de la norme de concentration de phosphore. Mais cet assouplissement, assurent les élus, n’aurait aucune incidence sur la prolifération des algues bleu vert. 

« Si le lac était classé ‘‘sous surveillance’’, l’exigence de rejet en phosphore serait seulement de 1,0 mg/l. Pour plusieurs municipalités, cette exigence de rejet est déjà atteinte et donc aucun investissement ne serait nécessaire. Il faut aussi dire que notre lac est un écosystème unique. Malgré sa grande superficie, le volume total d’eau est renouvelé en moyenne quatre fois par année. Ce qui permet de limiter l’accumulation d’éléments nutritifs dissous. Les apports naturels de la part des principaux affluents du lac sont très élevés. Mais notre part à nous est minime  », pointe M. Paradis.

Appuyé par la MRC Lac-Saint-jean-Est, le comité formé des municipalités de Roberval, Desbiens, Saint-Gédéon, Saint-Henri-de-Taillon et Métabetchouan-Lac-à-la-Croix travaille sur ce dossier depuis quelques années.

André Paradis, préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est