La Dre Marie-Ève Morin n’a pas été moralisatrice, lors de sa conférence donnée dans l’auditorium de la polyvalente Charles-Gravel.

« Une drogue imprévisible, plus forte qu’avant »

« Je peux vous dire de ne pas consommer du tout, mais parfois ce message ne passe pas. » La Dre Marie-Ève Morin, spécialisée en dépendance, a livré une conférence sur les drogues et leurs effets, mercredi, devant 300 personnes fort attentives à l’auditorium de la polyvalente Charles-Gravel.

conneries que la ministre Lucie Charlebois à Tout le monde en parle dimanche », a dit la médecin d’entrée de jeu. La ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie a eu un passage remarqué à l’émission dominicale. Son entrevue a certainement frappé la Dre Morin, qui en a parlé à maintes reprises.

La Dre Morin a parlé des effets du cannabis et des drogues de synthèse, traitant particulièrement des effets dangereux de ces dernières. « Les drogues de synthèse sont partout. Avec elles, c’est la roulette russe. Les gens ne savent pas ce qu’ils consomment. Il y a plein de nouvelles drogues par année, mais les gens n’ont aucune idée des effets. »

La Dre Morin avait été invitée par le Comité régional de prévention en dépendance, dans le cadre de la Semaine de la prévention des dépendances. Elle a expliqué utiliser l’approche de réduction des méfaits. Cette approche repose sur la réduction des conséquences négatives liées à l’usage des drogues plutôt que l’élimination du comportement d’usage lui-même. Elle n’a donc en aucun temps été moralisatrice, mais a plutôt expliqué les conséquences possibles de l’usage de certaines drogues. « Dans les hôpitaux psychiatriques, les psychiatres se rendent compte qu’il y a plus de psychoses qu’avant. Selon moi, le pot est plus fort qu’avant... »

Quant aux usages médicinaux, les résultats des études ne semblent pas convaincre outre mesure Mme Morin. « Oui il y a des usages médicinaux, mais en petites doses. Par exemple, une demi ‘‘poff’’ est suffisante pour stimuler l’appétit. Aussi, il n’y a pas beaucoup d’études parce que les compagnies pharmaceutiques n’ont pas intérêt à étudier une plante que tout le monde peut faire pousser ! a-t-elle expliqué, mentionnant qu’il s’agissait là de son interprétation. (...) Pour les chocs post-traumatiques, l’armée octroyait jusqu’à 10 grammes par jour. Il faut que tu en vendes pour réussir à prendre tout ça ! Ça vient par contre de changer et maintenant c’est moins. »

Il a aussi été question des effets à long terme du cannabis, comme les troubles pulmonaires, la dépendance et les troubles liés à la grossesse. « Il y a plus de risques pour les jeunes qui commencent à consommer à 12, 13, 14 ans parce que les neurones sont en pleine formation. Selon certaines études, le cannabis pourrait abaisser le quotient intellectuel. (...) C’est une drogue imprévisible, beaucoup plus forte qu’avant. Ce n’est pas parce que ce sera légal que ce n’est pas dangereux. Le tabac est la deuxième cause de mortalité au pays ! »

Parmi les 300 personnes présentes, on comptait plusieurs jeunes, mais aussi des parents et des responsables d’organismes communautaires. La même conférence sera proposée aux élèves de Charles-Gravel jeudi.