Selon des intervenants réunis au forum sur les soins palliatifs et de fin de vie, l’instauration d’une direction gouvernementale en soins palliatifs réglerait des problèmes notamment en formation et en recrutement des soignants.

Une direction nationale en soins palliatifs réclamée

Une cinquantaine d’intervenants réunis la semaine dernière dans le cadre du premier forum sur les soins palliatifs et de fin de vie réclament que soit rapidement mise en place au Québec une direction nationale en soins palliatifs. Pour la présidente de l’Association québécoise de soins palliatifs (AQSP), l’accès rapide à ces soins «ne doit pas être optionnel, mais un droit pour tous».

Les représentants de quelque 25 organisations québécoises se sont réunis à Montréal le 15 novembre, le jour même où Le Soleil rapportait la suspension des services externes de soins palliatifs de L’Hôtel-Dieu de Québec. Une situation attribuable au manque d’effectifs médicaux, expliquait-on dans une note interne du CHU de Québec dont nous avons obtenu copie.

Selon ces intervenants réunis à l’initiative de l’AQSP, l’accès partout au Québec à des soins palliatifs de qualité passe par l’instauration rapide d’une direction gouvernementale en soins palliatifs, qui réglerait «beaucoup de problèmes, notamment en formation et en recrutement» des soignants.

Pour la présidente de l’AQSP, la Dre Louise La Fontaine, «il arrive trop souvent que des soins palliatifs accessibles et bien implantés reposent sur l’engagement bénévole d’un petit groupe de soignants».

Dans un communiqué transmis au Soleil, la Dre La Fontaine déplore que trop de patients demandent des soins palliatifs tardivement, en fin de vie, et que «trop souvent, on considère la médecine palliative comme optionnelle plutôt qu’essentielle».

«Nous sommes prêts à travailler en collaboration étroite avec les instances gouvernementales pour rendre accessibles pour tous et de façon précoce des soins palliatifs de qualité et s’assurer que la formation professionnelle et bénévole soit accessible et de qualité pour tous ces soignants, peu importe le lieu de soins ou la région du Québec», dit la Dre La Fontaine.

Ce n’est pas la première fois que l’AQSP et la Société québécoise des médecins en soins palliatifs s’inquiètent du manque d’accès à des soins palliatifs de qualité au Québec. Elles ont déjà alerté la Commission sur les soins de fin de vie à ce sujet, déplorant le manque d’efforts et de ressources déployés pour s’assurer de l’équité dans l’accès à ces services.

La Commission nous avait assuré en janvier vouloir travailler davantage sur son mandat de surveillance des soins palliatifs, convenant que ses deux premières années d’existence avaient surtout porté sur l’aide médicale à mourir.

Il n’a pas été possible de faire une entrevue mardi avec le nouveau président de la Commission sur les soins de fin de vie, le Dr Michel Bureau. Il préfère attendre le dépôt à l’Assemblée nationale du premier rapport sur la situation des soins de fin de vie de la Commission avant de s’adresser aux médias, nous a-t-on expliqué.