André Leblanc a subi une greffe cardiaque le 2 novembre 2016 à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, après avoir subi un infarctus aigu le 12 octobre.

Une deuxième vie pour André, greffé du coeur

À 58 ans, André Leblanc commence sa deuxième vie.
Il y a un peu plus de trois mois, le Jonquiérois a subi une greffe cardiaque à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ). De retour à la maison depuis le 20 décembre, après s'être soumis à une période de convalescence, l'employé de Rio Tinto remonte lentement, mais sûrement la pente.
André Leblanc a accepté d'agir comme ambassadeur régional de la Fondation de l'hôpital où il a été opéré. En plein mois des maladies du coeur, il a accordé une entrevue au Progrès-Dimanche pour témoigner de son expérience, mais, avant tout, pour sensibiliser la population au don d'organes.
Assis à la table de cuisine de sa résidence du secteur Saint-Jean-Eudes en compagnie de son épouse, Marjolaine Girard, celui que l'on a surnommé « le miraculé » paraît fragile. Malgré tout, la force que lui insuffle le désir de vivre se lit sur son visage et dans sa gestuelle. André Leblanc a perdu 47 livres depuis ce jour fatidique du 12 octobre, où il a été victime d'un infarctus aigu. Dans les jours qui ont précédé, M. Leblanc allait bien. Il n'avait aucune douleur, mais sentait « comme un point dans le dos ». La veille de l'infarctus, l'opérateur à l'Usine Vaudreuil a complété son quart de travail comme à l'habitude. Le lendemain il s'est mis à moins bien aller. Dans la nuit, la douleur s'est intensifiée, si bien qu'il a dû se rendre à l'Hôpital de Chicoutimi.
À l'aube de la soixantaine, c'était la première fois qu'André Leblanc y mettait les pieds.
« C'était le temps que j'arrive », raconte celui qui a appris que deux de ses artères étaient bouchées à 100 pour cent. Des interventions ont eu lieu à Chicoutimi, mais l'état d'André Leblanc s'est rapidement détérioré. Il avait du liquide dans les poumons et certains de ses organes étaient carrément en train de faillir. L'équipe de soins l'a transféré à Québec.
Dans un récit empreint d'émotion, André Leblanc raconte qu'il n'était pas au bout de ses peines puisque sa condition a continué de décliner. Alors qu'il se trouvait dans un état critique, une greffe cardiaque était, pour lui, la seule issue possible.
« Ils ont fait des tests pour voir si je pouvais recevoir un coeur mécanique en attendant de pouvoir avoir une greffe. Mais les trois quarts de mon coeur étaient morts et j'étais trop faible. En plus, je faisais une intolérance au médicament qui était présent dans la machine coeur-poumon », raconte le père de famille. Le statut de grade 4 a immédiatement été conféré au Jonquiérois. Le 28 octobre, le nom d'André Leblanc s'est hissé au premier rang de la liste des patients en attente d'un coeur compatible au Canada et dans l'est des États-Unis. Quatre jours plus tard, il y avait un organe pour lui. Depuis ce temps, André Leblanc et son épouse sont convaincus qu'une bonne étoile veillait sur eux.
Signez la carte et parlez-en!
L'opération visant à implanter le coeur d'un donneur inconnu a été réalisée avec succès le 2 novembre. Depuis ce temps, André Leblanc met toute son énergie à récupérer.
La guérison se déroule bien, un jour à la fois. La première année en est une charnière puisqu'André Leblanc doit prendre plusieurs médicaments quotidiennement. Bientôt, il pourra commencer à faire plus d'activité physique. Son coeur est en excellente forme, mais les risques de rejet sont présents dans les semaines suivant la greffe et André Leblanc doit être suivi de très près.
« On m'a dit que j'avais un coeur d'athlète. Tellement que les biopsies sont difficiles. Ils m'ont invité à faire un marathon », lance-t-il avec humour.
Physiquement, André Leblanc est un homme transformé, lui qui a perdu beaucoup de poids et qui a dû revoir ses habitudes de vie. Au plan psychologique, voire philosophique, il est aussi une nouvelle personne.
« Je ne peux pas dire comment va se dérouler cette deuxième vie. C'est trop récent. Une chose est sûre, je ne vois plus les choses du même oeil », dit celui qui invite les gens à signer l'endos de leur carte d'assurance-maladie pour consentir au don d'organes. Et ce n'est pas tout de signer, insiste le couple Leblanc-Girard, il faut aussi en discuter avec ses proches pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté advenant un décès.
Une lettre au donneur ?
André Leblanc et Marjolaine Girard songent à écrire à la famille du donneur pour exprimer leur reconnaissance, s'il leur est possible de le faire. Ils estiment toutefois qu'il s'agit là d'une approche délicate et souhaitent prendre le temps d'y réfléchir dûment.
« L'important, ce serait de souligner que grâce à ce donneur, je peux vivre », dit le principal intéressé.
Marjolaine Girard, elle, remercie la vie. La dame a vécu la gamme des émotions depuis la mi-octobre. Elle va bien et remonte elle aussi la pente au plan émotif, même si le fait de revenir sur les événements des derniers mois la secoue.
« Tout ce que je peux dire, c'est Merci la vie ! Il n'y a pas de mot qui existe dans le dictionnaire pour qualifier ce qu'on ressent. Il y a quelqu'un en haut, ça, c'est sûr », conclut-elle.