Me Éric Lebel, qui représente les intérêts de Chantale Cyr (à l’avant), a posé des questions serrées à la présidente de la CSRS, Liz Gagné.

Une des deux devait partir, selon Liz Gagné

Sans dire qu’il s’agissait d’une lutte à finir et même si elle n’avait rien de particulier à reprocher à Chantale Cyr en octobre 2017, la présidente de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS), Liz Gagné, a affirmé à sa collègue de la Commission scolaire (CS) de la Baie-James que l’une des deux devrait laisser sa place un jour ou l’autre.

À la 29e journée des audiences devant le juge Guy Roy, du Tribunal administratif du travail du Québec, la présidente Gagné a dû répondre aussi à de nombreuses questions sur les motifs de congédiement de la directrice générale et de la façon de cacher à celle-ci les changements dans la délégation de pouvoirs, même si cela la concernait au premier niveau.

Mme Gagné a confirmé avoir eu une discussion avec la présidente de la CS de la Baie-James, Lyne Lapointe-Joly et son directeur général, Michel Laplace.

« Il était question de la situation difficile dans notre commission scolaire. J’ai dit que ce n’était effectivement pas facile et que j’avais même songé à démissionner durant la période estivale (2017) », a expliqué Mme Gagné.

« J’ai ajouté que je ne savais pas comment cela était pour finir, mais j’ai précisé que c’était elle ou moi, que l’une des deux devrait laisser sa place avant que l’on se rende malade », a admis la présidente de la CSRS.

Cette discussion a eu lieu en octobre 2017, mais Me Éric Lebel, qui représente les intérêts de Chantale Cyr, a fait valoir qu’en novembre 2017, Liz Gagné disait toujours qu’elle n’avait rien à reprocher de particulier à sa directrice générale.

« C’est vrai, mais il faut savoir que la commission scolaire était toujours sur la sellette. Nous faisions souvent les manchettes dans le journal », a précisé Mme Gagné.

Huis clos

Les questions ont aussi tourné autour des discussions à huis clos et en privé sur la délégation des pouvoirs. La directrice générale se voyait retirer tous les pouvoirs d’importance, comme les affectations du personnel et la moindre dépense à réaliser.

Liz Gagné a témoigné pour une deuxième journée de suite au procès de Chantale Cyr pour harcèlement psychologique, congédiement illégal et lésions professionnelles.

« Nous n’avons pas avisé Mme Cyr des discussions que nous avions eues le 20 septembre 2017, car celles-ci s’étaient faites à huis clos et les commissaires avaient demandé que ça demeure ainsi jusqu’au 26 septembre. J’ai compris que je ne pouvais lui en parler ni l’aviser », a indiqué Liz Gagné.

La présidente Gagné a aussi mentionné au juge Roy que c’était la première fois de l’histoire de la CSRS que la directrice générale se voyait retirer tous ses pouvoirs. La CS est revenue à l’ancienne formule par la suite, autorisant le directeur général d’affecter du personnel ou faire certaines dépenses.

Motifs

Me Éric Lebel a cherché à savoir si les motifs de congédiement pouvaient être démontrés.

Mme Gagné n’a pas été véritablement en mesure de le faire, se plaçant souvent derrière un « je ne m’en souviens pas » ou encore par le fait que la lettre de congédiement avait été rédigée par les avocats de la firme Morency.

La présidente a indiqué que jamais elle n’a discuté des éléments reprochés à la directrice générale ni des commentaires en provenance du personnel.

Liz Gagné n’a pas posé de questions.

Ce fut la même chose sur l’item des dépenses d’affectations pour 2017-2018. Il a été dit aux élus que cela avait coûté 11 000 $, mais la responsable a affirmé que ce n’était pas vrai.

Liz Gagné n’a jamais posé de questions pour comprendre l’importante différence.

Dans la lettre de congédiement, la dépense reprochée était de 432 000 $. « C’est 40 fois plus et vous n’avez pas posé de questions », a lancé le juge Roy.