Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a présidé sa 397e et dernière assemblée du conseil de ville lundi à La Baie. En plus de remercier les conseillers pour leur appui, il a rendu un vibrant hommage à Ghislain Harvey et a chanté les louanges de Promotion Saguenay.
Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a présidé sa 397e et dernière assemblée du conseil de ville lundi à La Baie. En plus de remercier les conseillers pour leur appui, il a rendu un vibrant hommage à Ghislain Harvey et a chanté les louanges de Promotion Saguenay.

Une dernière séance pour Jean Tremblay

Mélyssa Gagnon
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien
Le maire sortant a livré un vibrant hommage à Ghislain Harvey

La dernière assemblée publique du conseil municipal de Saguenay s’est déroulée sous le signe de l’émotion, lundi à La Baie, alors que le maire sortant, Jean Tremblay, a livré un vibrant hommage à celui qu’il considère comme l’architecte de la ville fusionnée, Ghislain Harvey. Il a aussi chanté les louanges de la société de développement économique Promotion Saguenay. 

Au terme de la séance, qui s’est déroulée relativement rapidement et sans confrontation, le maire Tremblay s’est dirigé au milieu de la salle et a pris la parole au micro. Devant l’ensemble des conseillers municipaux, sauf pour le Baieriverain Luc Boivin, absent pour des raisons professionnelles, le maire est revenu sur ses 20 années de règne. Il s’est présenté au lutrin la voix vacillante, mais s’est rapidement ressaisi.

« Ma plus grande réalisation, c’est Promotion Saguenay. Promotion Saguenay, c’est 2,8 pour cent des budgets de la ville. Ce n’est pas énorme dans les budgets, mais c’est très important. La clé pour arriver aussi loin, c’était de mettre des gens d’affaires. En mettant 19 des personnes les plus en vue, on a dépolitisé Promotion Saguenay », a déclaré Jean Tremblay, qui a profité de l’occasion pour remercier les conseillers qui lui ont été fidèles et qui l’ont aidé à réaliser de grands projets. 

Le maire a réitéré qu’il ne pourrait aujourd’hui revenir sur ses principales réalisations, les bateaux de croisières et la mise en service des centrales hydroélectriques de Pont-Arnaud et Chute-Garneau, n’eut été l’appui indéfectible d’un conseil uni.

« Pour les bateaux de croisières, quand on n’a pas eu l’autorisation du gouvernement et qu’on a donné le “‘go”’ pareil, je dois vous dire que j’ai mal dormi. Quand on a commandé les turbines des centrales parce qu’on avait une contrainte de temps et qu’on devait commander, j’étais nerveux », a-t-il soutenu. 

Grand homme

Le maire Tremblay, qui a présidé 397 séances du conseil de ville en carrière, n’a pas tari d’éloges à l’égard de son ami et plus proche allié, Ghislain Harvey. 

« Il y a une personne qui a bâti la ville et c’est Ghislain Harvey. Chaque projet qu’on faisait, c’était avec sa sagesse et son énergie. Ghislain et moi, on s’appelait quatre à cinq fois par jour. Son jugement était toujours bon », a poursuivi le premier magistrat. Le notaire de profession a rappelé qu’avant son élection, l’univers de la politique lui était complètement étranger. Il a donc tenu à remercier ceux qui sont venus le chercher « au début » : Ghislain Harvey, Claude Gaudreault et Yvon Bouchard.

Enfin, Jean Tremblay s’est félicité d’avoir maintenu un gel de taxes pendant huit ans, alors qu’au moment de son entrée en poste, le taux de taxation de Saguenay était l’un des plus hauts.

« C’est ce dont je suis le plus fier », a-t-il commenté. 

En guise de conclusion, celui qui a fondé le Parti des citoyens de Saguenay (PCS) a fait part de son souhait le plus cher : pouvoir regarder la ville avec un certain recul et détenir l’assurance qu’il a contribué à sa vitalité.

« Les gens me demandent : “qu’est-ce que vous aimeriez pour que les gens se souviennent de vous ? ”. C’est sûr que si on veut mettre une rue à mon nom un jour, je vais dire oui. Mais je vous le dis bien franchement, ce n’est pas ça que je veux. C’est moi qui veux regarder la ville dans 10 ans et dire “regarde comme elle est belle, comme les gens sont heureux, comme elle est prospère et savoir que j’y ai contribué” », a signifié Jean Tremblay, qui fonde beaucoup d’espoir sur des projets comme Métaux BlackRock, GNL Québec et Arianne Phosphate pour assurer l’essor économique de la capitale régionale. 

Au terme de son discours, le maire sortant a reçu une ovation debout et a fait le tour de la table pour serrer la pince à ses collègues élus. Certains d’entre eux ont se sont montrés très émus. Ce fut notamment le cas de la doyenne du conseil municipal, la Jonquiéroise Sylvie Gaudreault, qui était en larmes à la fin de la rencontre.

Après 16 années d’implication, Jean-Yves Provencher a pris part à sa dernière séance du conseil municipal. Le président du Conseil du trésor a assuré que la Ville est en ordre.

Sept élus sur vingt se retirent

Des 20 élus présents à l’assemblée, sept ne seront pas de retour au lendemain de l’élection du 5 novembre. Outre le maire, les conseillers François Tremblay, Jacques Fortin, Jean-Yves Provencher, Claude Tremblay, Bernard Noël et Christine Boivin ont tous décidé de se retirer.

Proche allié de Jean Tremblay, Jean-Yves Provencher a pris la parole pour clore de façon officielle ses 16 années d’implication en politique municipale.

« Je suis fier du travail accompli. J’ai l’impression que je laisse une ville en ordre et très comparable. On a bien réussi la fusion. C’était un gros défi », a signifié le président du Conseil du trésor.

Le conseiller et président de l’arrondissement de Chicoutimi, Jacques Fortin, qui a récemment annoncé son retrait de la course à la mairie, tire un trait sur la politique municipale après 24 ans d’implication. « Je suis fier des réalisations qu’on a faites », a-t-il adressé de façon bien sentie au président de l’assemblée.

Le conseiller Luc Boivin, membre de la garde rapprochée du maire sortant, n’était pas présent à la séance, retenu pour des raisons professionnelles. Un point concernant l’entreprise qu’il dirige, La Fromagerie Boivin, figurait à l’ordre du jour et le conseil a donné son aval à un projet d’agrandissement. Selon le maire, une vingtaine d’emplois seront ainsi créés.

 

Le conseiller et président de l’arrondissement de Chicoutimi, Jacques Fortin, tire un trait sur la politique municipale après 24 ans d’implication.