Une course de 171 000 $ pour les jeunes atteints du cancer

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Courir 32 km sur les glaces du lac Saint-Jean la nuit, en souffrant quelque peu au passage, pour une bonne cause. Tel était le défi que 64 coureurs ont tenté de relever hier sur le Piekouagami, en amassant au passage, 171 000 $ pour la fondation Sur la pointe des pieds, qui organise des expéditions thérapeutiques pour les jeunes atteints du cancer. C’est Gino Gravel de Roberval, qui a remporté l’épreuve chez les hommes et Marianne Pelchat, de Québec, chez les femmes.

La température était particulièrement clémente pour un 22 février alors que le thermomètre affichait 2 °C lors du départ de la course Cryo de 32 km à la pointe Vauvert à Dolbeau-Mistassini. Peut-être trop clémente selon certains participants qui redoutaient de courir sur une surface trop molle.

Ravitaillement.

Pour éviter les problèmes, la majorité des coureurs ont enfilé les raquettes pour parcourir les 32 km qui les séparaient de Roberval. Tout juste avant le départ, Jean-Charles Fortin, le directeur général de la fondation Sur la pointe des pieds a tenu à rappeler la genèse de l’événement. « Il y a quelques années, mon ami Éric Paquette a lancé l’idée d’organiser une course sur le lac Saint-Jean, a-t-il dit aux participants. Pour que ça soit encore plus spécial, il a proposé qu’on fasse une course la nuit. Il a semé une graine et c’est pourquoi on est tous là aujourd’hui. »

Au delà de la course, Jean-Charles Fortin a également souligné que cet événement permet d’amasser des fonds pour aider les jeunes atteints du cancer. Valérie Bouchard, 25 ans, qui a participé à une expédition de la fondation sur la rivière Magpie en 2016 était d’ailleurs sur place pour transmettre un message aux participants. « Vous aidez les jeunes à réaliser leur rêve, a-t-elle dit en ajoutant qu’elle est en rémission du cancer. Vous aidez à reconstruire des vies. Pour ma part, ça m’a permis de voir que j’étais à nouveau capable de me dépasser et de faire 1000 choses extraordinaires. Ce soir, j’ai calculé que vous allez faire environ 55 000 pas. Vous aurez 55 000 occasions de dire merci d’avoir la santé que vous avez et profitez-en, et tripez sur le lac Saint-Jean, pour tous ceux qui ne peuvent pas en profiter. »

Après ce discours émouvant, les coureurs se sont élancés sur le lac Saint-Jean pour un long parcours sur le lac Saint-Jean à compter de 16 h. Les premiers kilomètres se sont déroulés sous les dernières lueurs de la journée, avant de courir dans la noirceur, souvent seul sous les étoiles.

Suivant les balises installées à tous les 100 mètres, les coureurs pouvaient profiter de plusieurs ravitaillements sur le parcours pour refaire leur force en mangeant du pain aux bananes, des patates, des chips ou des barres tendres. Le bouillon de poulet, le Gatorade et le coke étaient aussi très prisés. Au passage des coureurs, on pouvait entendre que la surface molle ralentissait grandement l’avancée.

Signe de l’effort à faire, le plus rapide des participants a parcouru les 32 km en 3 h 6. Et c’est Gino Gravel, de Roberval, qui a remporté l’épreuve. « La surface était dégueulasse, mais c’était vraiment le fun », a mentionné l’homme, tout sourire, qui avait terminé 2e l’an dernier. Cette année, il a décidé de mettre les bouchées doubles à l’entrainement pour être plus en forme, notamment pour remporter cette course devant les siens.

C’est Marianne Pelchat, la rédactrice en chef du magazine de course KMag, qui est arrivée la 2e à la ligne d’arrivée, 3h28 minutes après le départ. « C’était ma première expérience de course de longue distance sur une surface hostile », a-t-elle lancé en riant à son arrivée en soulignant que l’épreuve est difficile sur les muscles plus que sur le cardio. « C’est une course unique vraiment intéressante qui démontre l’essor de la course hivernale au Québec. Mais la particularité de l’événement, c’est vraiment la cause. Même si c’était dur par moment, je me disais que ce n’est rien par rapport à ce que doivent vivre les jeunes ».

Valérie Bouchard a souligné aux participants qu'ils aidaient les jeunes à réaliser leur rêve.

Pour Éric Girard, qui a lancé l’idée de la course, l’événement est une belle occasion de se mettre dans une zone inconfortable et de relever un défi pour une bonne cause. Après tout, même si les coureurs ont du souffrir pour une partie du parcours, ou même pour la durée entière, ce n’est qu’un petit moment par rapport à un traitement de chimiothérapie, qui dure 6 heures, met en contraste Valérie Bouchard.

Chez les hommes, Jonathan Mortreux, de Saint-Lambert, a terminé deuxième et Jean-Pascal Bélanger de Dolbeau-Mistassini, 3e. Dans la catégorie féminine, Jannick Brassard, de Salaberry-de-Valleyfield a raflé la 2e position, et Laurie Grenier de Lévis est terminée 3e.

Gino Gravel, le gagnant 2020 de la course Cryo.