Les membres du Comité urgence dépanneur, Johanne Morissette et Thérèse Gagnon, entourent une membre et ancienne employée du dépanneur, Johanne Savard.

Une coopérative ou un acheteur privé pour le dépanneur de Lamarche

Des citoyens de Lamarche ne pouvaient se résoudre à ce qu’il n’y ait plus de dépanneur dans la municipalité. Le Comité urgence dépanneur a lancé un projet de coopérative quelques semaines après la fermeture du commerce à la fin septembre. Jusqu’à présent, une centaine de lettres d’intention ont été signées alors que l’objectif est fixé à 200.

L’initiative citoyenne a pris une pause, récemment, alors que le seul dépanneur de la localité pourrait renaître d’une initiative privée.

Le comité s’est rapidement créé à la suite d’un appel au syndic à la fin du mois d’octobre. Il est composé de citoyens, d’anciennes employées du commerce et d’une représentante du conseil municipal.

« J’ai appelé le syndic le 28 octobre pour voir s’il y avait eu des offres. Il y en avait seulement pour l’inventaire, pas pour le dépanneur. J’étais tellement triste. Je marchais vers le village, j’avais le cœur triste et je me demandais ce que je faisais. J’ai croisé une personne qui est revenue vivre ici depuis un an. On s’est dit qu’on aviserait le conseil municipal », explique Thérèse Gagnon, qui est l’une des personnes à l’origine du mouvement citoyen.

Les bénévoles ont fait leurs devoirs, notamment en rencontrant divers intervenants, et ont même ciblé d’autres modèles du genre au Québec dont une coopérative alimentaire à Saint-Fidèle.

En l’espace de 24 heures, les bénévoles ont contacté un maximum de personnes en vue d’une rencontre d’information.

Le dépanneur de Lamarche a fermé ses portes à la fin septembre. Depuis, les citoyens doivent se rendre à Labrecque.

Sans grande surprise, le service manque dans la municipalité de moins de 500 âmes alors que plus de 120 personnes se sont présentées à la réunion du 6 novembre. Ce fut la parfaite occasion pour Mme Gagnon de présenter le projet de coopérative en plus de sensibiliser la population à l’importance de l’achat local. « Les gens ont démontré un intérêt certain en prenant la peine de se déplacer à la dernière minute. On avait besoin de savoir s’il y avait un intérêt », ajoute Johanne Morissette.

Plus qu’un dépanneur

Le groupe de bénévoles rappelle que le rôle du dépanneur dépasse largement celui de la simple vente de produits. Il s’agit, selon eux, notamment d’un argument pour attirer de jeunes familles et d’un endroit qui répond aux questions des nombreux visiteurs.

« C’est le même prix ailleurs pour le lait, l’essence et autres. Même si c’est parfois un peu plus cher, au moins on ne passe pas 30 minutes dans l’auto. C’est aussi tout le côté social. C’est un endroit qui offre 93 heures d’ouverture » souligne Mme Gagnon. Mme Morissette confirme que la vie de village a déjà changé, en l’espace de quelques semaines. Elle souligne que plusieurs citoyens se rendaient au dépanneur en marchant dans le cœur du village, ce qui n’est plus le cas.

Objectif 200 membres

L’objectif du regroupement de citoyens est d’obtenir 200 lettres d’intention provenant de citoyens et d’entreprises. Le document est une confirmation de la volonté à devenir membres de la coopérative qui pourrait opérer le dépanneur. L’engagement monétaire se chiffre à 200 $ pour les particuliers et à 500 $ pour les entreprises.

Informé d’une possible transaction impliquant un joueur privé, le Comité urgence dépanneur poursuit depuis ses activités au ralenti.

Advenant un rachat du commerce par des intérêts privés, le Comité urgence dépanneur explique que les documents signés par les citoyens deviendront un appui moral aux nouveaux propriétaires.

« Peu importe qui va gérer le dépanneur que ce soit une coopérative ou un particulier, il faudra l’encourager le plus possible. [...] On sait que quelqu’un fait des démarches et que c’est sérieux. On est très contentes si quelqu’un achète », conclut Mme Gagnon.

Malgré le temps investi, les membres du comité se réjouissent de ce possible dénouement. Après tout, c’est la réouverture du commerce qui prime pour eux.