Sandra Perron considère que les choses se sont améliorées depuis son passage dans les Forces armées canadiennes, mais il reste encore beaucoup à faire.

Une conférence touchante d’une ancienne militaire

La première femme officier d’infanterie dans les Forces canadiennes, Sandra Perron, se rappellera toujours de son passage à Dolbeau-Mistassini en 1992. 

La jeune militaire s’apprêtait à être déployée en Bosnie alors qu’elle était maltraitée et harcelée par ses collègues pour la simple raison qu’elle était une femme. Elle a connu le pire : le viol puis l’avortement. Elle a été rejetée, insultée, humiliée même, mais jamais elle n’a voulu lâcher prise. 

Son oncle, le frère Marcellin Perron, fondateur du Camp Service jeunesse de Dolbeau-Mistassini, lui avait tendu la main pour qu’elle puisse se confier. 

Elle s’en souvient parce qu’elle était dans un stade de sa vie où elle avait particulièrement besoin d’écoute et de soutien psychologique.

« J’ai pu lui dire mes secrets les plus profonds. C’était la seule personne de ma famille qui était au courant à l’époque. C’est difficile de parler d’un avortement à un frère, mais jamais je ne me suis sentie jugée », exprime Mme Perron. Le Camp service jeunesse lui a donné le goût de poursuivre sa carrière. 

Couverture du livre de Sandra Perron Seule au front

L’union fait la force

Celle-ci a participé à une thérapie de groupe avec sept autres femmes qui vivaient elles aussi des situations difficiles. Le but de l’exercice était d’aller à la rencontre de soi, de se redécouvrir et de faire le point sur ses traumatismes. 

« J’ai trouvé mes meilleurs amis lors du camp. Ç’a changé ma vie et ça m’a donné des amis qui me suivaient en Bosnie. Ils m’envoyaient des cartes, des chocolats et des gâteries », se rappelle-t-elle avec le sourire. 

La vie après l’armée

Sandra Perron était passionnée par son métier. Elle n’aurait jamais voulu prendre sa retraite aussi jeune, mais elle a fini par céder à la pression après 13 ans de martyr. 

En 1996, elle est sortie des rangs de l’armée et a commencé à devenir la voix de l’égalité entre les hommes et les femmes au sein des Forces canadiennes. En 1998, elle avait été nommée présidente d’un comité consultatif spécial sur l’équité dans l’emploi et l’intégration des femmes dans l’armée. Depuis, elle enseigne, donne de la formation et des conférences et a récemment publié le livre Seule au front dans lequel elle se met à nue. Tous les profits de son roman seront d’ailleurs remis au Camp service jeunesse auquel elle se sent encore aujourd’hui redevable. 

Un discours personnalisé

Le 22 avril, elle offre une conférence à la salle des Cœurs vaillants de Dolbeau-Mistassini, organisée par le Camp service jeunesse. Elle y racontera « des anecdotes personnelles parfois drôles, parfois tristes ». Mme Perron assure que son propos s’adresse à tous, et pas seulement aux militaires ou aux femmes. 

« C’est certain que ma conférence sera empreinte d’émotion, de vécu, d’amitié, de triomphe en adversité et de courage. Dolbeau-Mistassini, c’est une place très spéciale pour moi. J’ai beaucoup reçu ici et je veux redonner à ces gens qui m’ont tant aidée », souligne Mme Perron. Cette dernière se veut en quelque sorte une porteuse d’espoir pour les victimes d’injustice. 

Chaque billet pour le brunch-bénéfice coûte 20 $. Il est aussi possible de n’assister qu’au témoignage de Sandra Perron, sans prendre le déjeuner, au coût de 5 $. Tous les profits seront remis à l’organisme à but non lucratif Camp service jeunesse.